Afek Tounès plaide pour l’apparentement électoral

L’apparentement électoral a été parmi les 31 propositions d’ajustement que le parti Afek Tounes veut apporter au projet de loi électorale. Lors d’une conférence de presse tenue ce matin pour décliner ces propositions, Yacine Brahim,  président d’Afek Tounes, a expliqué ce nouveau concept en partant d’un exemple concret : «  L’apparentement électoral permet d’éviter ce qui s’est passé avec ettakatol, qui a, durant la campagne électorale, nié vouloir s’allier au mouvement Ennahdha, pour ensuite s’allier avec lui dans une coalition gouvernementale », a-t-il lancé expliquant ainsi que ce principe de rapprochement politique favorise les alliances, et favorise la transparence et la confiance au niveau des rapports entre les candidats et leurs partisans.

Riadh Mouakher
Riadh Mouakher

Expliquant «  techniquement » le principe d’apparentement électoral, Riadh Mouakher, membre du bureau politique du parti, a indiqué que dans le mode de scrutin à la proportionnelle, l’apparentement est la possibilité qu’ont deux ou plusieurs listes de candidats d’additionner le reste de leurs voix lors du décompte des votes. Cette alliance leur permettrait de s’affranchir du seuil requis et de gagner ainsi des sièges supplémentaires au Parlement. L’apparentement permet ainsi au candidat des petits partis  de bénéficier ainsi des avantages de l’appartenance à un groupe parlementaire, comme le temps de parole. Les grands partis, eux, gagnent à être apparentés, ce qui leur donne plus de poids et d’influence sur l’échiquier parlementaire.

Pour ce qui est du seuil électoral, le parti de Yacine Brahim s’est dit favorable au projet de loi électorale. Les membres de la commission de la législation générale se sont en effet accordés pour fixer le seuil électoral à 3%.

Le seuil électoral est le pourcentage minimal des votes exprimés en dessous duquel une liste n’est pas incluse dans la répartition des sièges. Le seuil complique ainsi l’accès des petits partis aux sièges. Les grands partis, eux, peuvent par conséquent obtenir un plus grand nombre de sièges que s’il n’existait pas de seuil électoral.

Se basant sur des expériences comparées,  l’association Al Bawsala a indiqué au mois de février que « la méthode des plus forts restes est souvent accompagnée par l’instauration d’un seuil minimal en dessous duquel une liste n’est pas incluse dans la répartition des sièges, et que la tendance générale dans les propositions actuelles de loi électorale se dirige vers un seuil de 3% ».

Pour ce qui est du principe de l’apparentement électoral permettant de s’affranchir de ce seuil, il a été adopté dans plusieurs pays, notamment l’Italie et la France. Sur le site Toupie.org, on peut lire qu’ « en France, cette pratique a été possible sous la IVe République lors des élections législatives de 1951 et 1956 grâce à la loi du 7 mai 1951 dite “loi des apparentements” qui visait à limiter l’influence des communistes et des gaullistes à l’Assemblée nationale. Cette loi a souvent été critiquée comme favorisant des manoeuvres politiciennes contestables. »

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