Tarek Chérif: «Le gouvernement Jomaâ ne doit pas céder aux pressions»

Organisation des élections avant fin 2014, rétablissement de la confiance des investisseurs, diminution de la pauvreté et création de la richesse et de l’emploi, tels étaient les vœux formulés par Tarek Chérif, président de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect) pour l’année 2014.

Tout passe par la valorisation du travail.  Evoquant l’importance de la valeur travail, M. Chérif a déclaré qu’il s’agit d’une « désaffection ambiante » qui doit nous interpeller. « Le pays est très dégradé. Il faut mettre fin à sa prédation. La souveraineté d’un pays passe par la souveraineté économique », précise-t-il.

Le président de la Conect n’a pas caché son regret quant à l’absence d’un conseil économique, social et environnemental qui devrait être un lieu de débat, sans exclusion aucune. « La mise en place d’une telle institution s’avère une urgence. Il faut remettre l’économie sur des fondements solides », dit-il.

Rappelant les critiques déjà formulées par la Conect, avant même l’adoption de la loi de finances 2014, Tarek Chérif a saisi l’occasion pour rappeler la nécessité de revoir certaines mesures.

Tout se jouera en fonction des signaux émis par le prochain gouvernement. Le président de la Conect a appelé le prochain gouvernement à adopter une loi de finances complémentaire avant fin mars prochain, pour revoir certaines dépenses non productives.

Sur le plan fiscal, les inégalités fiscales sont là et Tarek Chérif les a confirmées. « On s’attaque toujours aux entreprises. Cela a créé un sentiment d’injustice. Aujourd’hui le système fiscal doit tenir compte de certaines problématiques comme le phénomène de la contrebande qui gagne du terrain au détriment du l’économie formelle », a précisé M. Chérif.

Il  n’a pas, par ailleurs, caché ses reproches quant à l’état actuel de la logistique et de l’infrastructure export et à l’annulation, depuis presque quatre ans, de la subvention de transport. « Nous voulons travailler dans les mêmes conditions que nos concurrents. Il faut benchmarker avec nos voisins pour optimiser les coûts de production  », déplore-t-il.

«  Il y a des problèmes dans les régions. Le gouvernement Jomaâ ne doit pas céder aux pressions et doit avoir la possibilité d’accorder des avantages substantiels pour investir dans les régions intérieures », reconnait le président de la Conect.

Et d’ajouter que la loi de finances complémentaire doit libérer les énergies dans les régions pour réaliser un développement inclusif. « Cela passe  par un suivi particulier des investisseurs et par l’allègement des procédures administratives », explique Tarek Chérif.

Comment ? C’est essentiellement à travers le partenariat public privé (PPP) que le pays peut rattraper beaucoup de retard pense M. Chérif. « Le partenariat public privé est une voie passante à l’échelle mondiale », dit-il.

Tarek Chérif l’a bien compris : le système financier doit jouer un rôle plus important dans l’accompagnement de l’investissement. Pour le président de la Conect, les moyens actuels de la Banque de financement des petites et moyennes entreprises (BFPME), la seule banque de développement en Tunisie, sont très limités.

 

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