Les étudiants italiens sont de nouveau descendus dans la rue. De Rome à Naples, de Bari à Turin, des manifestations ont lieu pour réclamer une augmentation des fonds alloués à l’éducation et l’arrêt immédiat du renforcement des armements.
Parallèlement, les membres du syndicat autonome Usb ont manifesté vendredi 30 octobre pour dénoncer la hausse continue des prix et l’inefficacité des mesures prises jusqu’à présent par le gouvernement de Giorgia Meloni. Le syndicat a mis en place des barrages dans les principaux ports, tels que Gênes, Livourne et Trieste, afin d’opposer au transport d’armes utilisées dans les opérations militaires contre les Palestiniens.
On craint de nouveaux incidents et affrontements, même s’il est clair que la grande majorité des travailleurs et des étudiants manifestent pacifiquement. Le gouvernement romain a annoncé le maintien des mesures d’urgence en vigueur depuis deux semaines, avec un important déploiement de forces de police, de carabiniers et de soldats, afin de prévenir tout acte de vandalisme. À Milan, l’accès à la place du Duomo est interdit, ainsi qu’à toutes les rues adjacentes, et les manifestations se déroulent dans un quartier excentré de la ville.
L’opposition de centre-gauche et le Mouvement Cinq Étoiles continuent de critiquer le gouvernement Meloni, l’accusant de se limiter à des mesures répressives et de refuser le dialogue avec la jeunesse. « C’est une question qui concerne la démocratie elle-même. Nous devons trouver un moyen de soutenir les revendications des élèves et des étudiants », a déclaré Elie Sline, secrétaire du Parti démocrate (centre-gauche).
Controverse politique autour de la justice
La décision de la juge d’instruction de Milan de ne pas confirmer la détention provisoire de Youssef Sicher, trente ans, a également suscité une vive polémique. Cet immigré de deuxième génération, chercheur de nationalité italienne et marocaine, était, selon le procureur, le créateur de la chaîne Telegram « 17 octobre », en référence au jour des premières émeutes à Milan, Bologne et Turin. Le procureur le considérait comme dangereux et susceptible d’inciter à des actes de violence. Or, la juge chargée de confirmer l’arrestation est parvenue à une conclusion radicalement différente. Elle a justifié sa décision en estimant qu’il n’existait aucune preuve accablante sérieuse contre Sicher et qu’il ne semblait pas avoir incité qui que ce soit à la violence.
Giorgia Meloni a contesté la décision de la justice, la qualifiant de « honteuse ». « Je ne vois vraiment pas comment un État normal peut défendre correctement ses citoyens face à de telles décisions prises par certains juges », a déclaré la cheffe du gouvernement romain. La grande majorité de l’opposition, ainsi que des commentateurs reconnus, ont rappelé au Premier ministre italien que le pouvoir exécutif, en vertu de la Constitution, n’a pas le droit de remettre en cause l’autonomie de la justice.