Le groupe pétrolier saoudien Aramco étudie une augmentation de la capacité de son oléoduc Est-Ouest, qui pourrait atteindre 10 millions de barils par jour, contre environ 7 millions actuellement. Cette stratégie vise à sécuriser les exportations du royaume face aux perturbations des routes maritimes stratégiques du Moyen-Orient.
Saudi Aramco envisage de renforcer les capacités de son oléoduc Est-Ouest afin de pouvoir acheminer jusqu’à 10 millions de barils de pétrole brut par jour vers la mer Rouge. Son directeur général, Amin Nasser, indique que le groupe menait des études techniques pour augmenter les capacités de transport et examiner d’autres itinéraires d’exportation. L’oléoduc relie les zones de production de l’est de l’Arabie saoudite au port de Yanbu, sur la mer Rouge. Sa capacité actuelle avoisine 7 millions de barils par jour, dont environ 2 millions destinés aux raffineries saoudiennes. Le projet d’extension doit permettre au royaume de réduire sa dépendance aux expéditions transitant par le détroit d’Ormuz, particulièrement exposé aux tensions régionales.
Cette infrastructure est devenue un axe essentiel pour maintenir les exportations saoudiennes depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Les perturbations du trafic maritime et les attaques visant des installations énergétiques ont souligné la vulnérabilité des principales voies d’approvisionnement mondiales.
Diversifier les routes d’exportation
L’augmentation de capacité s’inscrit dans une stratégie plus large de sécurisation des approvisionnements. Le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdelaziz ben Salmane, avait déjà évoqué, le 12 octobre, la possibilité de porter la capacité d’acheminement par oléoducs vers des destinations situées hors du Golfe à 10 millions de barils par jour dans un délai de deux à trois ans.
À plus court terme, le royaume envisage également de convertir temporairement un gazoduc pour transporter du pétrole brut. Cette opération pourrait ajouter environ 1,2 million de barils par jour en sept à huit semaines, avec un potentiel d’augmentation supplémentaire moyennant des investissements. Cette solution resterait toutefois temporaire, le gazoduc devant retrouver sa fonction initiale avant la période estivale de forte demande de gaz.
Aramco étudie parallèlement d’autres itinéraires d’exportation et le développement de capacités de stockage à l’étranger. L’objectif est de maintenir les livraisons aux clients internationaux en cas d’interruption d’une route maritime ou d’une infrastructure.
Un marché toujours sous tension
Les efforts saoudiens interviennent alors que les perturbations du conflit ont fortement entamé les stocks mondiaux de pétrole. Amin Nasser estime que la crise a entraîné la perte d’environ 3 milliards de barils d’approvisionnement brut et que la reconstitution des réserves pourrait prendre du temps, même après une normalisation de la situation.
Le dirigeant anticipe par ailleurs une hausse de la demande mondiale d’environ 3 millions de barils par jour à la fin du conflit, sous l’effet de la reprise de la consommation et du renouvellement des stocks.
L’extension de l’oléoduc pourrait offrir davantage de souplesse aux exportations saoudiennes, mais elle ne supprimerait pas les risques pesant sur les infrastructures et les routes maritimes. Sa portée dépendra notamment des délais de réalisation, des investissements nécessaires et de l’évolution de la sécurité régionale.