La présence de l’Inde au SIAL Paris, qui se tient du 17 au 21 octobre 2026 au Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte, est particulièrement remarquable dès le coup d’envoi du salon. Elle traduit l’ambition du pays de renforcer son rôle dans les filières agroalimentaires mondiales et de mesurer, au fil des journées, l’écho de cette participation auprès des acheteurs internationaux.
Lors d’un point de presse consacré à cette participation, il convient de rappeler qu’il s’agit de la première fois que l’Inde bénéficie du statut de pays partenaire du SIAL Paris. Cette présence est pilotée par l’India Trade Promotion Organisation (ITPO), en collaboration avec l’Agricultural and Processed Food Products Export Development Authority (APEDA)
Près de 190 exportateurs indiens des secteurs agroalimentaire et des boissons présentent leurs produits, dont environ 150 réunis sous le pavillon officiel de l’Inde. L’objectif est de mettre en avant le dynamisme de l’agriculture indienne, de valoriser les nouvelles tendances agroalimentaires, de nouer des partenariats avec des acheteurs internationaux et de stimuler les exportations
L’Inde est mise à l’honneur dès la journée d’ouverture du salon, le samedi 17 octobre 2026. En marge d’un point de presse, L’Économiste Maghrébin a interrogé Jawed Ashraf, l’ambassadeur de l’Inde en France, sur les enjeux du secteur agroalimentaire et sur la manière dont il perçoit « la nourriture de demain ».
Avec une pointe d’humour, Jawed Ashraf a d’abord salué la formule : « J’aime ces petits détournements de phrases. La nourriture de demain est un message : assurer la sécurité alimentaire pour tous dans le monde est une responsabilité collective. »
« Si je disais que l’Inde sera le garde-manger du monde, ce serait trop présomptueux », a-t-il poursuivi. « Mais la nourriture de demain est une question collective et mondiale. Davantage de personnes devront être nourries par la même planète, dans un contexte climatique très difficile, malgré les sceptiques. »
Selon lui, le changement climatique n’est plus une hypothèse théorique, mais une réalité vécue. Il a évoqué les épisodes de chaleur extrême en Europe, les inondations en Asie du Sud, ainsi que les conséquences des conflits, notamment la guerre en Ukraine et les tensions dans la région MENA, sur l’accès à l’énergie et aux engrais. « Nous devons travailler ensemble », a-t-il insisté.
Pour l’ambassadeur, l’Inde peut contribuer non seulement à sa propre sécurité alimentaire, mais aussi à celle du monde. Il a mis en avant la productivité et la croissance de son agriculture, ainsi que la diversité de sa production : céréales, fruits et légumes, lait, œufs, viande, oléagineux et protéines végétales.
« Nous avons déjà vu cela se produire pendant la Covid-19 », a-t-il rappelé. « Malgré les perturbations mondiales, l’Inde a pu fournir des produits essentiels à de nombreux pays. Nous avons également fourni des vaccins à plus de 100 pays. Cela n’a pas été fait pour conquérir des marchés, mais pour aider des pays en difficulté. »
Interrogé sur les mécanismes européens liés au carbone et leurs possibles effets sur les importations agroalimentaires, Jawed Ashraf a précisé que le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières ne concerne pas, à ce stade, le secteur alimentaire, mais principalement des secteurs intensifs en émissions, tels que l’acier et l’aluminium.
« C’est le droit souverain de l’Union européenne d’imposer sa réglementation, à condition qu’elle ne crée pas de désavantage ou de discrimination contre l’Inde », a-t-il déclaré. « Nous travaillons de manière constructive sur les mécanismes de vérification et de contrôle, notamment sur la mesure de l’intensité carbone, sa vérification et les méthodes d’évaluation. »
Il a toutefois souligné que les normes sanitaires et de qualité peuvent parfois constituer des barrières non tarifaires. « L’Inde dispose de ses propres normes, notamment celles de la FSSAI, ainsi que de dispositifs de contrôle qualité. C’est une source de préoccupation pour d’autres pays également », a-t-il conclu.