Les cours du pétrole ont progressé d’environ 2 % lundi 12 octobre, portés par l’aggravation des risques géopolitiques au Moyen-Orient et les craintes de perturbations des approvisionnements énergétiques. Le Brent a gagné 1,84 %, à 106,65 dollars le baril; tandis que le WTI a avancé de 2,06 %, à 93,74 dollars.
L’escalade des tensions régionales, marquée notamment par une attaque attribuée aux Houthis contre l’aéroport international de Riyad et par de nouveaux incidents impliquant des navires dans le Golfe a soutenu les prix. Les opérateurs redoutent une aggravation des perturbations du trafic maritime, en particulier dans le détroit d’Ormuz. Les autorités britanniques chargées de la sécurité maritime ont signalé lundi une attaque de drone contre un pétrolier près de Sohar, à Oman, ainsi que des dégâts sur un autre navire après l’impact d’un projectile non identifié dans le détroit d’Ormuz. Ces incidents renforcent les inquiétudes concernant la sécurité des routes d’approvisionnement.
Les cours ont progressé malgré l’annonce par Donald Trump de livraisons de plus de 300 000 tonnes de diesel, suivie de volumes supplémentaires en novembre et au-delà. Il a également fait état d’une possible trêve énergétique entre Moscou et Kiev, destinée à suspendre les attaques contre les infrastructures énergétiques. Volodymyr Zelensky a toutefois indiqué attendre des précisions sur ses modalités. Tandis qu’aucune confirmation russe n’était disponible au moment de la publication. L’incertitude entourant ces annonces limite leur capacité à apaiser les marchés, toujours attentifs aux risques pesant sur l’offre et le transport du pétrole brut.
Dans ce contexte, Goldman Sachs a relevé de 85 à 90 dollars le baril sa prévision du prix du Brent pour décembre 2026. La banque estime que les ajustements de l’offre pourraient, à terme, peser sur les cours. Mais elle souligne que les risques d’une nouvelle escalade géopolitique restent élevés. Ses analystes évaluent à un peu plus de 20 dollars par baril de pétrole la prime de risque géopolitique intégrée aux prix. La trajectoire du marché dépendra notamment de la sécurité des routes maritimes, de la continuité des exportations et de la concrétisation des annonces sur les approvisionnements.
La hausse des cours illustre ainsi la sensibilité persistante du marché pétrolier aux tensions géopolitiques : les perspectives d’approvisionnement supplémentaire restent éclipsées par les menaces pesant sur les infrastructures et les voies d’acheminement.