Dans une note stratégique, l’IACE soutient que la fuite des cerveaux commence bien avant l’aéroport. Il souligne qu’elle se joue dès l’orientation scolaire. Près de la moitié des candidats au baccalauréat relèvent de filières dites scientifiques. Ce qui donne l’illusion d’un vivier solide. Mais en réalité la section Mathématiques, principale voie vers l’ingénierie avancée, la recherche et l’intelligence artificielle, est passée de 18 % des bacheliers au début des années 2000 à environ 6 % de matheux aujourd’hui.
Ce recul ne traduit pas un désintérêt pour les sciences, indique l’IACE. Il résulte d’arbitrages rationnels : à seize ans, élèves et familles évitent une filière jugée plus risquée. Les inégalités territoriales aggravent la situation : seuls 277 lycées publics sur 600 ont présenté des candidats en Mathématiques en 2026.
Les effets apparaissent avec un décalage d’une dizaine d’années. À titre d’illustration, au concours d’entrée à l’École Polytechnique en 2025, un seul admis provenait du système éducatif tunisien, contre 22 sur 24 au Maroc. L’IACE précise que cet écart ne reflète pas une différence de potentiel, mais des viviers d’excellence constitués et accompagnés différemment.
A cet égard, l’institut recommande donc deux leviers. A savoir, tout d’abord de réformer l’orientation scientifique (information, accompagnement, valorisation des mathématiques avancées). Puis, il propose de réduire les inégalités territoriales (offre locale, mobilité, détection précoce des talents).