L’OPEP+ reporte à la mi-novembre l’évaluation des capacités maximales de production de ses membres, initialement attendue fin septembre. Le conflit au Moyen-Orient a perturbé plusieurs projets d’expansion et complique désormais la détermination des quotas de production pour 2027.
L’OPEP+ a décidé, le 2 octobre, de reporter l’évaluation des capacités de production de ses membres, un exercice déterminant pour la fixation des quotas pétroliers de 2027. Cette évaluation doit établir, pour chaque producteur, une estimation indépendante de sa capacité maximale de production durable. Elle constitue une référence importante dans les négociations sur les niveaux de production qui seront applicables à partir de l’année prochaine.
Le report intervient alors que la guerre au Moyen-Orient a perturbé plusieurs projets destinés à accroître les capacités pétrolières de certains pays membres. Ces retards rendent plus incertaines les projections sur les volumes que les producteurs seront effectivement capables de mettre sur le marché.
Selon les sources citées par Reuters, tous les membres n’ont pas encore transmis les données nécessaires à l’évaluation. Le conflit complique ainsi un exercice déjà sensible, puisque le niveau de capacité retenu peut directement influencer la marge de production attribuée à chaque pays.
Le cabinet américain DeGolyer and MacNaughton, chargé de l’évaluation pour la plupart des membres, à l’exception notamment de la Russie, de l’Iran et du Venezuela soumis aux sanctions américaines, devrait remettre son rapport à l’OPEP à la mi-novembre…
Des négociations sensibles pour 2027
La révision des capacités intervient dans un contexte de tensions entre plusieurs producteurs au sujet de leurs niveaux de référence. L’Irak souhaite notamment obtenir un quota plus élevé, tandis que les Émirats arabes unis ont quitté l’OPEP+ en mai après avoir défendu une meilleure prise en compte de leur capacité de production.
En parallèle, l’OPEP+ continue d’ajuster progressivement ses objectifs de production. Lors de sa dernière réunion, les sept principaux producteurs participant à la gestion mensuelle des quotas avaient décidé d’une nouvelle hausse de 188 000 barils par jour à partir d’août. Mais la production effective reste affectée par les perturbations liées au conflit. Fin septembre, les producteurs concernés devaient encore composer avec des difficultés d’exportation et des capacités réduites dans plusieurs pays du Golfe.
Le marché reste sous pression
Le report de l’évaluation intervient alors que les marchés pétroliers restent particulièrement sensibles à l’évolution du conflit et aux perspectives d’approvisionnement. La libération coordonnée de 100 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers annoncée vendredi soir par le G7 constitue parallèlement une mesure destinée à accroître temporairement l’offre disponible et à atténuer les tensions sur les prix.
Pour l’OPEP+, l’enjeu des prochaines semaines sera donc de disposer d’une photographie suffisamment fiable des capacités de chaque producteur avant d’engager les discussions sur les quotas de 2027. Le calendrier définitif dépendra notamment de l’évolution du conflit et de la disponibilité des données nécessaires à l’évaluation.