Recentralisation, règlement pénal, PLF 2027 : le président de la commission des finances à l’ARP Maher Ketari est revenu sur les événements récents, notamment les décrets publiés au JORT. Il y décèle dans une déclaration exclusive à leconomistemaghrebin.com une orientation de recentralisation des grandes décisions et appelle à un débat public, fondé sur un état des lieux rigoureux, avant toute décision.
Il rappelle que le PLF 2027 n’a pas encore été transmis à l’Assemblée. Il est attendu au plus tard le 15 octobre. La commission a toutefois reçu deux documents : le rapport sur l’exécution du budget au 30 juin 2026 et le document des grandes orientations de la loi de finances 2027. Selon lui, le premier permettra de mesurer ce qui a été exécuté et ce qui ne l’a pas été à mi-année.
Sur le décret relatif à la conciliation pénale, le président de la commission relève un assouplissement des conditions d’accès, en déclarant: “ C’est une ouverture, qui vise à faciliter les choses « , estime-t-il. Il souligne que les députés, comme tous les Tunisiens, pourront en débattre sur les plateaux télévisés, à l’Assemblée et au sein des commissions.
Décentralisation : un recul ?
Maher Ketari pointe aussi une tendance de fond. Les communes disposaient jusqu’ici d’une large marge de décentralisation. Or, selon lui, on perçoit désormais » une orientation de recentralisation des grandes décisions » , que ce soit au niveau du gouverneur ou d’autres instances, au détriment de la décentralisation. « Ce sont des avis partagés, chacun peut s’exprimer librement », nuance-t-il.
Un état des lieux avant tout
Pour le président de la commission, la méthode prime :” Il faut dresser un état des lieux, c’est très important, car la décision en dépendra.” S’il est établi dans les règles de l’art, la bonne décision pourra être prise, qu’elle soit centralisée ou non. Dans le cas contraire, prévient-il, “on risque rapidement de mauvaises surprises”.