La Chine et l’Inde ont réagi aux nouvelles mesures américaines visant le secteur énergétique russe et les pays qui continuent d’acheter ses hydrocarbures. Le dispositif adopté par le Congrès américain autorise notamment Donald Trump à imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % aux principaux acheteurs d’énergie russe.
La Chine et l’Inde ont exprimé leurs réserves face au nouveau dispositif américain destiné à renforcer la pression économique sur la Russie et à réduire les achats de son pétrole et de son gaz. Le texte adopté par la Chambre des représentants américaine prévoit notamment la possibilité d’imposer des droits de douane allant jusqu’à 100 % aux pays figurant parmi les principaux acheteurs d’énergie russe.
Le texte, déjà approuvé par le Sénat, doit désormais être promulgué par le président Donald Trump. Il vise également des responsables et entreprises russes, le secteur de la défense ainsi que la flotte fantôme de pétroliers utilisée pour contourner les sanctions occidentales.
La Chine, premier acheteur mondial de pétrole russe, a contesté la légitimité de mesures américaines susceptibles de viser ses importations. Pékin estime que ses échanges énergétiques avec la Russie relèvent de relations commerciales normales et ne devraient pas être soumis à l’intervention d’un pays tiers.
La position chinoise intervient alors que le pays représente environ la moitié des exportations de brut russe, selon les données d’août compilées par le Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA)…
New Delhi a, de son côté, averti Washington que les nouvelles mesures pourraient affecter les relations bilatérales. Le ministère indien des Affaires étrangères a indiqué avoir déjà fait part aux responsables américains des conséquences potentielles du dispositif sur les relations entre les deux pays et sur les marchés énergétiques internationaux. L’Inde se dit déterminée à garantir la sécurité énergétique de sa population et à diversifier ses fournisseurs en fonction des conditions du marché.
Les raffineurs indiens ont déjà organisé des cargaisons pour septembre et octobre, dont certaines en provenance de Russie. Ils redoutent qu’une application intégrale des nouveaux droits de douane américains ne renchérisse leurs coûts et ne provoque une nouvelle hausse des prix des carburants.
Un marché pétrolier déjà sous tension
L’enjeu dépasse les seules relations entre Washington, Pékin et New Delhi. Une réduction brutale des exportations russes pourrait intervenir dans un marché pétrolier déjà fragilisé par les perturbations au Moyen-Orient.
Les tensions autour du détroit d’Ormuz ont réduit la disponibilité de plusieurs catégories de brut sur les marchés internationaux. Dans ce contexte, les acheteurs asiatiques pourraient avoir davantage de difficultés à remplacer rapidement les volumes russes par d’autres sources d’approvisionnement.
Les données disponibles montrent d’ailleurs que la Russie reste fortement dépendante de quelques grands clients. En août, la Chine demeurait le premier acheteur de combustibles fossiles russes. Tandis que l’Inde occupait la deuxième place. Le brut représentait l’essentiel des achats énergétiques russes des deux pays…
Pour la Chine comme pour l’Inde, le dossier pose ainsi un double enjeu : préserver leurs approvisionnements énergétiques tout en limitant les conséquences commerciales d’une éventuelle confrontation accrue avec Washington.