À 21 ans, la poétesse Feryel Belhadj publie « Ink and Fire », son premier recueil de poésie, aux éditions Arcadia. Écrit entièrement en anglais entre ses 18 et 21 ans, l’ouvrage vise à exprimer les tourments de la jeunesse et à favoriser le dialogue entre les générations.
Initialement conçu comme un espace d’écriture personnel, le recueil s’est progressivement transformé en un projet de transmission. Feryel Belhadj explique avoir grandi dans un environnement familial majoritairement masculin, où il lui était difficile de trouver des repères pour formuler ses émotions, qu’il s’agisse d’amour, de colère ou de questionnements propres à l’adolescence. Elle a d’abord cherché à partager ses réflexions avec ses jeunes cousines, avant de réaliser que ces difficultés émotionnelles constituaient une expérience partagée par toute une génération.
L’anglais comme choix d’ouverture
Dans un paysage littéraire où la langue d’écriture reste une question centrale, Feryel Belhadj a opté pour l’anglais afin de donner une portée internationale à son travail. Le recueil s’ouvre sur un texte éponyme, Ink and Fire, qui résume sa démarche : l’encre (ink) devient le moyen d’exprimer et de canaliser le feu intérieur (fire) et la colère vécus durant ses jeunes années.
Une réception qui valide l’intention intergénérationnelle
Selon l’auteure, la réception de l’ouvrage a confirmé son intention initiale. Elle indique avoir reçu des retours positifs et encourageants venant tant de jeunes lecteurs que de parents. Elle évoque notamment l’émotion d’une mère ayant lu certains passages du recueil et y retrouvant des sentiments similaires aux siens malgré la différence d’âge, ce qui a contribué à renforcer le dialogue intergénérationnel qu’elle appelait de ses vœux.
Un héritage familial marqué par les livres et les langues
Cette appétence pour les mots s’inscrit dans une histoire familiale marquée par la présence des livres et des langues. Élevée au contact d’une mère et de tantes enseignantes de langues qui l’ont baignée très tôt dans le français, l’arabe et l’anglais, la poétesse se souvient avoir manipulé les ouvrages de son grand-père, journaliste, avant même de savoir lire. Si son milieu familial comptait à la fois des profils scientifiques et littéraires, c’est au moyen de la création narrative et de la poésie que la jeune fille, de nature très timide, a trouvé le canal privilégié pour extérioriser ses ressentis.
Tout au long de son parcours, Feryel Belhadj indique avoir bénéficié des conseils et de la bienveillance de ses enseignants, tant en français qu’en anglais. Ces derniers l’ont accompagnée dans l’apprentissage de la langue, la correction stylistique, la maîtrise des métaphores et la structuration de ses textes, l’incitant à poursuivre dans cette voie plutôt que de conserver ses écrits confidentiels. Parmi ses références littéraires majeures, l’auteure cite William Shakespeare pour la langue anglaise, dont les œuvres découvertes auprès de sa mère l’ont particulièrement marquée, ainsi que Victor Hugo pour la littérature française, tout en précisant lire des auteurs d’époques variées.
Après la parution de ce premier ouvrage à l’âge de 21 ans, la poétesse entend poursuivre son travail de création. Tout en réservant le détail de ses projets à venir, Feryel Belhadj indique être engagée dans l’écriture de nouveaux textes et confirme son intention de continuer son parcours en poésie.