Que sait-on réellement de l’eau virtuelle ? Coule-t-elle dans nos robinets, ou se cache-t-elle ailleurs, dans les produits que nous consommons au quotidien ? Face à la raréfaction des ressources en eau, que nous disent les experts ? Né dans les années 1990 sous l’impulsion d’un chercheur britannique, ce concept désigne cette eau « invisible » mobilisée pour produire les céréales, la viande et de nombreux autres biens, sans que nous en ayons nécessairement conscience…
L’eau virtuelle correspond à la quantité d’eau utilisée pour fabriquer un produit, du champ à l’assiette ou de l’usine au magasin. Rencontré lors d’une formation organisée par le CAPJC en partenariat avec la fondation Friedrich Naumann, à Sfax (10 au 12 septembre 2026), l’ingénieur environnemental et spécialiste des questions climatiques, Hamdi Hached, livre son analyse dans une déclaration exclusive.
Il met en avant l’importance de considérer que le concept d’eau virtuelle représente le bilan hydrique, c’est-à-dire la quantité d’eau requise tout au long du cycle de vie d’un produit ou d’un service. Cela implique de comptabiliser chaque goutte d’eau utilisée tout au long du processus de fabrication ou de préparation, jusqu’à l’obtention du produit ou du service final. Par exemple, pour fabriquer une feuille de papier A4, environ 20 litres d’eau virtuelle sont nécessaires. Pour un t-shirt, la consommation dépend de la matière première, principalement le coton. Le cas du jean est plus édifiant encore. En effet, un kilogramme de coton nécessite environ 25 000 à 27 000 litres d’eau virtuelle. De ce fait, pour fabriquer un jean, qui requiert environ 600 grammes de coton transformé en denim (la matière première du jean), il faut plus de 20 000 litres d’eau.
L’ingénieur précise qu’il est essentiel d’évaluer tous les coûts chaque fois qu’un produit est vendu ou qu’un service est consommé, afin de développer une conscience écologique. Il insiste sur l’importance d’intégrer ces concepts dans notre subconscient lors de la consommation. Ce qui nous aidera à mieux contrôler nos actions et à adopter un mode de vie plus responsable.
Le cas du jean est plus édifiant encore. Un kilogramme de coton nécessite environ 25 000 à 27 000 litres d’eau virtuelle. Et pour fabriquer un jean, qui requiert environ 600 grammes de coton transformé en denim (la matière première du jean), il faut plus de 20 000 litres d’eau.
Pour une conscience écologique
Mais au-delà de l’adoption d’un mode de consommation plus raisonné, que faudrait-il entreprendre ? Faut-il intensifier les campagnes de sensibilisation ? À cette double question, Hamdi Hached répond que, oui, une véritable campagne médiatique est nécessaire. C’est en quelque sorte un « lavage de cerveau » écologique, utilisant tous les moyens intellectuels et culturels possibles pour permettre une transition écologique avec une consommation plus responsable.
Ceci étant, en plus de dresser un bilan du coût caché de l’eau virtuelle, la question qui se pose face à une accélération de l’IA est de savoir quel sera son impact sur le changement climatique. Il explique qu’il y a évidemment beaucoup de discussions, souvent critiques, sur l’usage de l’intelligence artificielle en raison de sa forte consommation de ressources énergétiques. On évoque son empreinte carbone et ses besoins en eau pour chaque requête ou message envoyé via l’IA. Cependant, on néglige souvent de mentionner l’impact positif de l’IA, son potentiel à être bénéfique pour le climat.
Grâce à l’IA, ce travail est simplifié, réduit et condensé en très peu de temps. Par exemple, à l’échelle d’une entreprise, une tâche qui demanderait 7 000 heures pour fournir un service ou réaliser une étude peut être accomplie en 30 ou 40 heures avec l’aide de l’IA.
En effet, à chaque utilisation de l’IA pour rédiger un rapport, un article ou résumer des données, il est important de considérer que, par des méthodes traditionnelles, ce processus nécessiterait davantage de ressources naturelles comme l’électricité et d’autres éléments. Grâce à l’IA, ce travail est simplifié, réduit et condensé en très peu de temps. Par exemple, à l’échelle d’une entreprise, une tâche qui demanderait 7 000 heures pour fournir un service ou réaliser une étude peut être accomplie en 30 ou 40 heures avec l’aide de l’IA.
“Il faut donc penser à la quantité de ressources naturelles qui sont économisées et non consommées. Il s’agit de voir les choses autrement. Bien que l’IA soit encore en développement et n’ait pas atteint sa forme finale, je pense que dans quelques années, son impact global sera probablement plus positif que négatif”, conclut l’ingénieur.