L’Allemagne prépare un vaste dispositif destiné à renforcer sa sécurité économique face à la Chine. Le gouvernement de Friedrich Merz envisage notamment de nouveaux droits de douane sur certains véhicules hybrides chinois, un contrôle renforcé des investissements et des restrictions technologiques.
L’Allemagne s’apprête à durcir sensiblement sa politique économique à l’égard de la Chine. Le gouvernement du chancelier Friedrich Merz prépare un ensemble de mesures visant à protéger les secteurs stratégiques allemands face à la montée en puissance des entreprises chinoises.
Bloomberg rapporte que plusieurs ministères allemands travaillent à une cartographie des vulnérabilités du pays vis-à-vis de la Chine. Les mesures envisagées pourraient notamment comprendre de nouveaux droits de douane sur les véhicules hybrides rechargeables fabriqués en Chine, un contrôle plus strict des investissements étrangers, ainsi que des restrictions supplémentaires sur certaines exportations technologiques.
Le gouvernement allemand souhaite présenter ce paquet de mesures au Conseil des ministres le 14 octobre, avant de rechercher un soutien plus large au niveau européen. Berlin entend ainsi éviter une réponse isolée et favoriser l’adoption d’une approche commune de l’Union européenne.
Les hybrides chinois dans le viseur
L’automobile constitue l’un des principaux points de tension. La progression rapide des constructeurs chinois sur le marché européen inquiète particulièrement Berlin. Selon les données de Dataforce citées par Bloomberg, les marques chinoises représentaient en juillet 2026 environ un véhicule hybride rechargeable sur trois immatriculés en Europe.
Le vice-chancelier et ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, défend déjà un élargissement des droits de douane européens aux véhicules hybrides rechargeables fabriqués en Chine. Il s’est également prononcé en faveur de l’obligation, pour certaines entreprises chinoises, de créer des activités européennes sous la forme de coentreprises, avec une participation majoritaire d’entreprises européennes.
Le dispositif envisagé par Berlin ne se limite toutefois pas au commerce automobile. Il devrait également couvrir les chaînes d’approvisionnement, les matières premières critiques, les marchés publics, les investissements et les technologies stratégiques. Il est également envisagé de renforcer les contrôles sur les exportations de technologies avancées d’intelligence artificielle et d’équipements destinés à la fabrication de semi-conducteurs.
Berlin souhaite également revoir son dispositif de contrôle des investissements étrangers. La sécurité nationale ne serait plus le seul critère : la résilience économique et les dépendances stratégiques pourraient désormais entrer explicitement dans l’évaluation des investissements chinois.
Berlin cherche l’appui de Paris et de Bruxelles
Cette nouvelle orientation marque une évolution importante de la politique allemande envers Pékin. Longtemps très dépendante du marché chinois, notamment pour son industrie automobile et ses exportations de biens industriels, l’Allemagne cherche désormais à réduire ses vulnérabilités. Pour ce faire, Berlin travaille avec Paris à l’élaboration d’une position commune qui devrait être présentée aux autres États membres lors du sommet européen d’octobre. L’objectif est de transformer les initiatives allemandes et françaises en mesures européennes, alors que des discussions avec Pékin sont également prévues plus tard dans le mois.