L’Office national du thermalisme et de l’hydrothérapie (ONTH) annonce, dans un communiqué aux allures rassurantes, la mobilisation de plus de 3 millions de litres d’eau en bouteille par jour, durant quatre jours seulement, pour approvisionner les grandes surfaces du Grand Tunis. Une mesure présentée comme une solution, mais qui, à y regarder de plus près, ressemble davantage à un pansement temporaire posé sur une plaie profonde, à savoir une crise structurelle.
Tiens, et quand est-il des coins reculés du pays ne disposant de “centres commerciaux“ ou les régions de l’intérieur, parce que le communiqué de l’office fait allusion seulement du “Grand Tunis“ ? Est-ce que cela veut dire qu’on les autres à leur soif ?
Lire aussi: La Tunisie fait la queue pour boire !
Quatre jours. C’est là que le bât blesse. Alors que les rayons se vident depuis plusieurs semaines et que les citoyens peinent à trouver de l’eau en bouteille, l’administration se contente d’un engagement à très court terme, sans donner la moindre visibilité sur l’après. Que se passera-t-il le cinquième jour ? Le communiqué reste muet sur ce point, comme sur les causes profondes de la pénurie. Lu autrement, le communiqué de l’ONTH suggère que si vous avez la possibilité d’avoir le maximum de packs d’eau, n’hésitez pas, en ce sens qu’au-delà du 4ème jour, la pénurie peut revenir.
Le vocabulaire employé – « convergence des efforts », « intervenants », « étape à surmonter » – relève davantage, sommes-nous obligés de souligner, de la langue de bois administrative que d’un plan d’action concret. Aucun chiffre précis n’est avancé sur les volumes réellement manquants, aucune explication n’est fournie sur l’origine des perturbations, et aucune sanction ni mécanisme contraignant n’accompagne « l’invitation » faite aux producteurs à prioriser les grandes surfaces.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit : une simple invitation, un appel au bon vouloir des industriels, sans garantie de résultat. Sachant que ces derniers dépendent du bon vouloir de la déesse de la lumière, STEG. Rien n’indique comment l’office compte s’assurer du respect de cet engagement, ni ce qui adviendra si les producteurs privilégient d’autres circuits de distribution plus rentables, comme cela semble être une partie du problème initial.
Enfin, cette réunion tenue « récemment » – sans date précise dans le communiqué, un flou qui interroge sur la rigueur de la communication institutionnelle – intervient plusieurs jours après celle du 27 août au gouvernorat de Tunis, révélant une certaine lenteur dans la mise en œuvre effective des décisions annoncées. Entre l’annonce d’un programme spécial et sa traduction concrète sur le terrain, le décalage temporel interroge sur la capacité des autorités à répondre avec la réactivité qu’exige une crise vécue quotidiennement par les ménages.