Le chancelier allemand Friedrich Merz annonce un durcissement possible de la position de Berlin envers la Chine, alors que les déséquilibres commerciaux entre les deux pays alimentent les inquiétudes sur la compétitivité de l’industrie allemande.
Après avoir longtemps privilégié le dialogue avec Pékin, Berlin adopte un ton plus ferme. Friedrich Merz a demandé à ses ministres de préparer des propositions destinées à répondre aux déséquilibres commerciaux entre l’Union européenne et la Chine d’une façon générale.
Le changement de position et de ton intervient alors que l’industrie allemande traverse une période difficile, marquée par une croissance faible, des coûts énergétiques élevés et une concurrence chinoise de plus en plus forte dans plusieurs secteurs stratégiques.
La progression des exportations chinoises vers l’Europe exerce une pression particulière sur les industriels allemands, notamment dans l’automobile, les équipements industriels et les technologies vertes.
Pour Berlin, le problème n’est plus seulement commercial. Il touche désormais directement la capacité de l’industrie européenne à rester compétitive sur ses propres marchés.
Cette évolution marque un changement par rapport à la ligne défendue par Merz lors de sa visite à Pékin en février. Le chancelier avait alors insisté sur le partenariat et le dialogue, tout en reconnaissant que l’aggravation du déficit commercial allemand avec la Chine n’était « pas saine ».
Merz vise désormais une croissance d’au moins 1 % en 2027, après plusieurs années de faibles performances. Le gouvernement compte notamment sur les investissements publics dans les infrastructures et sur des réformes favorables aux entreprises.
Environ 50 milliards d’euros ont déjà été affectés à des projets dans le cadre d’un fonds d’infrastructures de 500 milliards d’euros étalé sur douze ans. Selon le ministre des Finances, Lars Klingbeil, cet effort d’investissement contribue actuellement de manière décisive à soutenir l’activité.
Une nouvelle politique industrielle
Le virage allemand traduit une prise de conscience plus large en Europe : l’ouverture commerciale ne suffit plus lorsque les écarts de coûts et de compétitivité deviennent trop importants. Berlin cherche désormais à combiner réformes internes, investissements publics et défense des intérêts industriels européens.
Le changement de ton ne signifie toutefois pas une rupture avec la Chine. Pour l’économie allemande, Pékin demeure un marché majeur et un partenaire commercial incontournable. Le défi pour Friedrich Merz est donc de trouver un équilibre entre la protection de l’industrie européenne et le maintien d’une relation économique avec la Chine dont l’Allemagne reste fortement dépendante.