La Banque africaine de développement (BAD) vient de publier le rapport d’achèvement de son étude de faisabilité sur le projet de ligne ferroviaire transmaghrébine reliant Casablanca, Alger et Tunis.
A rappeler que ledit chantier est estimé à 3,8 milliards de dollars. Sauf qu’aucun financement, ni calendrier de travaux n’ont été annoncés. Autrement dit, le projet reste bloqué au stade préparatoire, otage de la rupture diplomatique entre le Maroc et l’Algérie.
Mis en ligne le 26 juin 2026, le document clôt une étude préparatoire, dans la base africaine des infrastructures de l’AUDA-NEPAD, portant sur la faisabilité technique, économique, environnementale, sociale et institutionnelle du corridor. Il ne s’agit en aucun cas d’un déblocage de fonds : la BAD confirme seulement la fin des travaux d’expertise et remet à disposition des scénarios de gouvernance, de financement et d’exploitation de la ligne.
On l’aura compris, l’obstacle est avant tout politique. La ligne devrait traverser la frontière terrestre entre le Maroc et l’Algérie, fermée depuis 1994, dans un contexte où Alger a rompu ses relations diplomatiques avec Rabat en 2021. Les récentes ouvertures ponctuelles du poste de Zouj Bghal n’ont concerné que des opérations de rapatriement, loin d’une réouverture durable de la frontière.
Un tracé de 2 300 kilomètres
Sur le plan technique, l’étude a examiné plusieurs tronçons : la modernisation de la ligne Fès-Oujda, la réhabilitation du segment frontalier Oujda-Akid Abbas, la création d’une nouvelle liaison Annaba-Jendouba, ainsi que la modernisation de l’axe Jendouba-Jedeida, près de Tunis. Au total, la ligne s’étendrait sur environ 2 300 kilomètres, avec remise à niveau ou doublement de certains tronçons, électrification en 2 × 25 kV et installation de la signalisation européenne ERTMS de niveau 2.
Le montant de 3,8 milliards de dollars correspond à l’estimation de 2019. Le programme continental PIDA, piloté par l’Union africaine et l’AUDA-NEPAD, évalue désormais le coût à environ 4 milliards de dollars.
En publiant ce rapport, la BAD ne relance donc pas les travaux, mais remet sur la table un projet régional dont la réalisation dépendra moins des ingénieurs que d’un rapprochement diplomatique entre Rabat et Alger.