Les compagnies aériennes africaines devraient réceptionner plus de 1 200 nouveaux appareils entre 2025 et 2044, selon Boeing. Ethiopian Airlines domine le classement avec 163 avions, tandis que Royal Air Maroc affiche la plus forte progression (+19,30%).
La flotte cumulée des compagnies aériennes africaines devrait passer à 1 680 appareils à l’horizon 2044, contre environ la moitié aujourd’hui, selon le rapport « Commercial Market Outlook » de Boeing publié en décembre 2025. Plus de 1 200 avions neufs seront livrés sur la période, tandis que de nombreux appareils vieillissants seront retirés du service. Cette expansion répond à une demande de voyages qui devrait croître de 6% entre 2025 et 2044, portée par la croissance démographique, l’urbanisation, l’essor du tourisme, l’expansion de la classe moyenne et la connectivité accrue attendue avec le futur Marché unique du transport aérien africain (Mutaa).
Majoritairement publics, ces investissements bénéficient du soutien des États, qui y voient des retombées sur le tourisme, le commerce, les corridors logistiques et la création d’emplois (pilotes, techniciens, agents de cabine), ainsi que le développement de centres de maintenance (MRO). Boeing et Airbus peinent toutefois à suivre la cadence des commandes mondiales, un défi que les grands transporteurs africains contournent grâce à des alliances historiques avec les avionneurs et au leasing longue durée.
Le classement des grandes flottes africaines
Selon les données de Planespotters (appareils en service directement exploités, hors filiales) :
- Ethiopian Airlines — 163 appareils, contre 144 un an plus tôt (+13,20%), avec 4 avions supplémentaires en cours de livraison. Flotte parmi les plus jeunes du continent (9,4 ans en moyenne). Dans le cadre de son plan « Vision 2040 », la compagnie vise 303 appareils, 243 destinations, un chiffre d’affaires de 29 milliards de dollars et 64 millions de passagers (contre 145 appareils, 144 destinations, 7,6 milliards de dollars et 19 millions de passagers en 2024-2025). Un nouvel aéroport est en construction à Bishoftu, à 40 km d’Addis-Abeba (4 pistes, capacité de 270 avions).
- Airlink (Afrique du Sud, privée) — 72 appareils, contre 70 un an plus tôt. Flotte vieillissante (18,1 ans en moyenne).
- EgyptAir — 69 appareils, contre 71 un an plus tôt, après la cession en juin 2026 de 12 Airbus A220-300 (acquis en février 2024) au loueur Azorra. La compagnie a commandé 34 nouveaux appareils (Airbus A350-900, Boeing 737-8 MAX) pour atteindre 125 avions d’ici 2030. Âge moyen : 10,2 ans (3ᵉ flotte la plus jeune du continent parmi les compagnies d’au moins 20 appareils).
- Royal Air Maroc — 68 appareils au 13 août 2026, contre 57 un an plus tôt (+19,30%, la plus forte progression du top 5). Un appareil supplémentaire est en cours de réception. Âge moyen : 12 ans. Objectif : 200 appareils, 143 destinations, 31,6 millions de passagers d’ici 2037, dans le cadre du contrat-programme signé avec l’État en juillet 2023. « Le plan de développement de Royal Air Maroc prévoit l’intégration de 10 à 15 avions par an en moyenne », a déclaré à Le360 Oussama El Farisi, Head of Engineering de RAM. Nouvelles destinations ouvertes : Pékin, Toronto, São Paulo, Los Angeles, Saint-Pétersbourg, Manchester, N’Djamena. Le Maroc est devenu la première destination touristique d’Afrique devant l’Égypte ; un nouveau terminal à l’aéroport Mohammed V portera sa capacité à 45 millions de passagers/an d’ici 2029.
- Air Algérie — 64 appareils, après l’acquisition de 10 nouveaux avions. Âge moyen : 16,3 ans.
- Air Cairo (filiale low-cost d’EgyptAir) — 39 appareils, contre 35 un an plus tôt (+4 appareils). Dessert 88 destinations en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe.
- FlySafair (Afrique du Sud, privée) — 38 appareils.
- Kenya Airways (publique) — 34 appareils.
- Air Peace (Nigeria, privée) — 33 appareils.
- TAAG (Angola, publique) — 33 appareils.
D’autres compagnies — Asky Airlines, RwandAir, Air Côte d’Ivoire, Air Sénégal — cherchent à renforcer leur position, laissant présager une intensification de la concurrence pour le contrôle du ciel africain.