Avec un litre d’essence à 0,862 dollar, la Tunisie figure parmi les pays africains où le carburant reste relativement bon marché. Un classement flatteur en apparence, mais qui révèle surtout le poids des subventions et la fragilité du modèle énergétique tunisien.
Le pétrole joue au yo-yo, et les prix à la pompe suivent. Mais pas en Tunisie. Entre tensions au Moyen-Orient, perturbations du trafic maritime et incertitudes sur l’approvisionnement, le marché pétrolier reste sous pression… que le consommateur tunisien ne sent pas. Mais en Afrique, le prix payé par l’automobiliste raconte une histoire plus complexe : il dépend autant du baril que des choix budgétaires des États.
Selon les données de Global Petrol Prices arrêtées au 10 août 2026, rapporte le site le360.com, la Libye conserve le record absolu avec un litre d’essence à seulement 0,024 dollar, devant l’Angola à 0,327 dollar et l’Algérie à 0,354 dollar, soit les trois principaux producteurs de pétrole du continent. L’Égypte et le Soudan complètent ce trio de tête.
Avec 0,862 dollar le litre, la Tunisie apparaît au 6e rang africain des pays où l’essence est la moins chère, devancée par la Libye, l’Angola, l’Algérie, l’Égypte et le Soudan. A noter par ailleurs que dans les trois premiers pays, les carburants coûtent beaucoup moins cher qu’en Arabie saoudite (0,622 dollar/l), pourtant second producteur mondial et premier exportateur mondial de pétrole.
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Pourquoi alors parler de « 3e place » ? Parce que la Tunisie se distingue davantage lorsqu’on élargit la comparaison aux pays non producteurs ou fortement dépendants des importations. Et c’est précisément là que le classement devient intéressant. Car contrairement aux grands producteurs du continent, la Tunisie ne dispose pas de la rente pétrolière permettant de financer durablement des prix artificiellement bas. Son carburant bon marché relatif repose donc davantage sur une politique de compensation dont la facture finit par être supportée par les finances publiques.
Un prix bas… qui coûte cher
Le gasoil est lui aussi relativement abordable, à 0,753 dollar le litre, plaçant la Tunisie également dans le Top 6 africain. Mais ce classement ne doit pas masquer le problème de fond. Maintenir des prix à la pompe contenus dans un pays dépendant des importations revient à amortir le choc pour le consommateur tout en transférant une partie de la facture vers le budget de l’État, selon les analystes.
La vraie question n’est donc pas seulement de savoir combien coûte un litre de carburant à la pompe en Afrique, mais combien il coûte réellement à la collectivité.
Dans ce palmarès africain, la Tunisie peut se féliciter de ses prix relativement bas. Toutefois, derrière cette performance se profile une équation de plus en plus difficile : protéger le pouvoir d’achat, maîtriser les subventions et réduire la dépendance énergétique sans faire exploser la facture pour les ménages. C’est le choix assumé d’un État qui entend protéger ses citoyens, quitte à en supporter le coût budgétaire.