Cinq chansons originales ont suffi à révéler une voix singulière et une présence scénique prometteuse : le public n’a cessé de réagir par des cris, des applaudissements nourris et des marques d’enthousiasme tout au long de la soirée.
C’est ce qu’on pouvait observer le 3 août 2026, lorsque la chanteuse Bouthaina Nabouli a fait découvrir au public de l’amphithéâtre de Dar Sebastian, à Hammamet, l’intégralité de son premier EP, « Doulicha », dans le cadre de la 60ème édition du Festival International de Hammamet (FIH), placée cette année sous le thème « Endless Memories ». Le concert s’est joué à guichets fermés, pour cette apparition dans le cadre d’un festival national.
Autrice-compositrice sur une partie des morceaux, Bouthaina Nabouli signe ici un travail collectif : les paroles sont de Syrine Chekili, également directrice artistique de l’ensemble, tandis que la composition et la direction musicale reviennent à Kais Melliti. L’artiste a interprété tour à tour « Ness Tkhaf Mel Hob », « Doulicha » et « Al Qalb Ekhtar », trois titres tirés de l’EP.
Sur scène, son attitude paraissait spontanée : sa gestuelle épousait les paroles et la rythmique de ses chansons dans un mouvement naturel. Sur son visage se lisait une forme d’euphorie, à la mesure du double événement qu’elle vivait ce soir-là, entre la concrétisation de son premier album individuel, sorti quelques semaines plus tôt, et sa montée sur la scène du Festival International de Hammamet.
Le nom de Bouthaina Nabouli n’est pas totalement inconnu du public. On lui doit l’interprétation du générique de la série égyptienne « Sohab El Ard », dont l’arrangement a été confié au compositeur Amine Bouhafa, ainsi que celle du générique tunisien du feuilleton turc « El Qalb Ekhtar », diffusé sur Nessma TV. Elle est par ailleurs associée à Benjemy dans le projet Sinouj, qui l’a menée sur plusieurs scènes hors de Tunisie. En 2024, elle tenait le rôle principal de « Nawbet Gharam », comédie musicale signée Mohamed Ali Kammoun sur un texte de Syrine Chekili, présentée au Festival International de Carthage. Un an plus tard, en 2025, elle recevait le Prix du Public du Festival de la Chanson Tunisienne. C’est fort de ce parcours qu’elle se présente aujourd’hui avec son premier projet personnel.
Le mot « doulicha », emprunté au parler tunisien, désigne une balade ou une escapade, une image qui donne son titre au disque comme au spectacle qui en découle sur scène.
Le format court de l’EP ne permettait pas, à lui seul, de tenir toute la durée du concert. Bouthaina Nabouli a donc étoffé sa prestation en puisant dans un répertoire plus ancien, convoquant tour à tour Saliha, Salah Farzit, Lotfi Bouchnak et Oum Kalthoum. Ce choix de reprises éclaire au passage les références qui nourrissent son univers musical.
Sur le plan des textes, l’EP explore deux axes principaux : d’une part la médina de Tunis, ses ruelles et son histoire ; d’autre part le fil des relations amoureuses, décliné à travers plusieurs titres.