Le professeur Mohamed Amara, figure majeure des mathématiques tunisiennes, est décédé le lundi 3 août 2026 à Grenoble, en France, laissant un vide important dans le paysage universitaire du pays.
Enseignant-chercheur à la Faculté des sciences de Tunis, il s’est distingué par une œuvre scientifique riche portant sur l’analyse, la topologie, le calcul différentiel et les équations différentielles – des travaux qui ont servi de référence dans l’enseignement supérieur en Tunisie mais aussi dans les autres pays du Maghreb.
Son parcours institutionnel est tout aussi marquant, rapportent des médias tunisiens. Ainsi, il fut le premier recteur de l’Université de Tunis El Manar, de 1986 à 1991, avant de porter, à partir de 1992, le projet de création de l’Institut national des sciences appliquées et de technologie (INSAT). C’est lui qui en a conçu les bases pédagogiques, les programmes et l’organisation scientifique. À son ouverture en septembre 1996, il en devient naturellement le premier directeur, fonction qu’il occupera jusqu’en 1999. Il défendait une conception de l’enseignement supérieur où la recherche occupe une place centrale, une orientation qui a durablement façonné l’identité de l’INSAT.
Sa disparition a suscité de nombreux hommages dans le milieu académique tunisien. D’anciens collègues et disciples ont salué entre autres « un homme d’une grande rigueur intellectuelle, généreux dans la transmission de son savoir », et qui a su former et orienter plusieurs générations de jeunes mathématiciens vers différentes écoles de pensée, sans esprit de chapelle. Beaucoup retiennent de lui « l’image d’un bâtisseur d’institutions autant que d’un maître au sens le plus noble », dont l’héritage scientifique et humain continue d’inspirer les mathématiciens et ingénieurs tunisiens.