Moins d’un mois après une introduction en Bourse qui a marqué l’histoire des marchés financiers, SpaceX continue de susciter l’enthousiasme des analystes. La société d’Elon Musk bénéficie d’une large majorité de recommandations à l’achat, mais les objectifs de cours publiés ces derniers jours illustrent aussi l’ampleur des divergences sur son potentiel à long terme.
Les grandes banques d’investissement, Goldman Sachs, Bank of America, Morgan Stanley et Raymond James figurent parmi les établissements les plus optimistes. Si la plupart des objectifs de cours se situent entre 200 et 300 dollars par action, certains scénarios de long terme repoussent largement ces limites. Le plus spectaculaire provient de Raymond James, dont l’objectif de 800 dollars par action impliquerait, à terme, une capitalisation supérieure à 10 000 milliards de dollars, un niveau jamais atteint par une entreprise cotée.
Ces écarts reflètent moins un désaccord sur la qualité technologique de SpaceX que des hypothèses très différentes concernant son horizon de développement. Goldman Sachs adopte une approche relativement prudente en valorisant principalement les perspectives financières des prochaines années, malgré des prévisions de croissance particulièrement ambitieuses pour les revenus du groupe. Morgan Stanley privilégie, à l’inverse, une vision beaucoup plus lointaine intégrant la montée en puissance progressive des différentes activités de SpaceX sur une quinzaine d’années.
L’évaluation la plus optimiste repose sur l’idée que SpaceX ne sera plus seulement un constructeur spatial, mais un acteur majeur des infrastructures numériques mondiales.
Starlink et l’IA au cœur des anticipations
Pour les analystes, la principale source de création de valeur ne réside plus uniquement dans les lanceurs spatiaux. Le réseau satellitaire Starlink, déjà leader mondial de l’internet par satellite, est désormais perçu comme une future plateforme mondiale de services numériques susceptible de générer des revenus récurrents comparables à ceux des grandes entreprises du cloud computing.
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À cette activité s’ajoutent les investissements massifs dans l’intelligence artificielle, les centres de données, les capacités de calcul orbital et les projets d’intégration avec les autres sociétés de l’écosystème d’Elon Musk. Ces activités, encore largement en phase de développement, expliquent l’optimisme de plusieurs banques d’affaires malgré les risques technologiques qu’elles comportent.
Des investisseurs plus prudents que les analystes
L’enthousiasme de Wall Street ne se reflète cependant pas totalement dans l’évolution récente du titre. Après une forte progression lors de son introduction en Bourse, l’action SpaceX a connu plusieurs séances de repli, les investisseurs cherchant à mesurer la capacité réelle de l’entreprise à transformer ses projets les plus ambitieux en bénéfices durables. Plusieurs cabinets soulignent que la réussite commerciale de Starship, le développement d’infrastructures spatiales pour l’intelligence artificielle et l’expansion internationale de Starlink demeurent des variables déterminantes pour justifier les valorisations les plus élevées.
Au-delà du cas SpaceX, cette vague de recommandations illustre l’appétit retrouvé des marchés pour les entreprises capables de combiner technologies de rupture, intelligence artificielle et infrastructures critiques. L’introduction en Bourse du groupe a également constitué une opération très lucrative pour les banques chefs de file, dans un contexte de forte reprise des introductions et des opérations de marché à Wall Street. Selon plusieurs estimations, les revenus mondiaux de banque d’investissement ont nettement progressé au premier semestre 2026, soutenus notamment par l’opération SpaceX et plusieurs transactions majeures dans les secteurs de la technologie et de l’intelligence artificielle.