La Tunisie accélère sa transition énergétique avec des objectifs ambitieux à l’horizon 2050. Selon le directeur général de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), Nafâa Baccari, le pays ambitionne de porter la part des énergies renouvelables à 80 % de la production d’électricité d’ici 2050, après avoir atteint 35 % en 2030 puis 50 % en 2035. Cette trajectoire s’inscrit dans une stratégie visant également à réduire les émissions de carbone de 62 % à l’horizon 2035.
Le responsable de l’ANME a indiqué, que les actions menées par l’agence depuis sa création en 1985 ont permis d’économiser l’équivalent de 14 millions de tonnes de pétrole, générant un gain économique cumulé estimé à 14 milliards de dinars.
Une part des renouvelables encore limitée à 9 %
Actuellement, les énergies renouvelables représentent environ 9 % de la production nationale d’électricité. Pour accélérer leur développement, plusieurs projets sont en cours de réalisation dans les gouvernorats de Sidi Bouzid, Gafsa et Gabès.
Parallèlement, de nouveaux appels d’offres sont prévus pour des centrales solaires d’une capacité totale de 600 mégawatts, ainsi que pour des projets éoliens de 900 mégawatts. Ces investissements devraient permettre à la Tunisie d’atteindre une capacité installée de 4.800 mégawatts d’ici 2035.
Le bâtiment et le transport concentrent l’essentiel de la consommation énergétique
Selon Nafâa Baccari, le secteur du bâtiment demeure le premier consommateur d’énergie en Tunisie, avec 36 % de la consommation nationale, devant le transport, qui en représente 34 %.
Le transport constitue également la principale source d’émissions de gaz à effet de serre. C’est pourquoi la stratégie nationale accorde une place centrale à l’électrification des moyens de transport et à l’encouragement de l’usage des véhicules électriques.
Une production électrique toujours largement dépendante du gaz naturel
Le directeur général de l’ANME a rappelé que la production d’électricité repose encore à 97 à 98 % sur le gaz naturel. Ce qui rend indispensable la diversification du mix énergétique.
La stratégie nationale prévoit ainsi un recours accru à l’énergie solaire, à l’énergie éolienne, au biogaz ainsi qu’à l’énergie issue de la valorisation des déchets, afin de réduire la dépendance aux énergies fossiles et d’améliorer la sécurité énergétique du pays.
Des aides financières pour accélérer la transition
Sur le volet du financement, Nafâa Baccari a souligné que le Fonds de transition énergétique, ainsi renommé depuis 2017, accorde des subventions couvrant 20 à 50 % des investissements réalisés par les particuliers et les entreprises dans les projets d’efficacité énergétique et de production d’énergies renouvelables.
Le fonds prend également en charge jusqu’à 70 % du coût des études et des programmes de formation, tout en facilitant l’accès à des mécanismes de financement adaptés aux projets.
Une transition soutenue par les financements internationaux
La Tunisie bénéficie également de financements internationaux, notamment du Fonds vert pour le climat, afin d’accompagner les projets de décarbonation.
Selon le responsable de l’ANME, ce soutien revêt une importance stratégique dans un contexte où les exigences environnementales se renforcent sur les marchés internationaux. La réduction de l’empreinte carbone des produits tunisiens est ainsi devenue un enjeu majeur pour préserver la compétitivité des exportations.
La Tunisie parmi les pays les plus performants en efficacité énergétique
Nafâa Baccari a enfin indiqué que la Tunisie figure parmi les 20 premiers pays au monde sur 120 en matière d’efficacité énergétique.
Le pays s’est également classé 62e au niveau mondial dans l’Indice de transition énergétique en 2025 (sur 118 pays) puis en 2026 (sur 130 pays), tout en occupant la deuxième place en Afrique, confirmant les progrès réalisés dans la conduite de sa transition énergétique.