L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a formulé une série de propositions dans le cadre de la préparation du projet de loi de finances pour 2027. Dans une correspondance adressée à la ministre des Finances, en réponse à la demande officielle du ministère de recueillir son avis sur le projet, le secrétaire général de l’organisation syndicale, Salah Eddine Selmi, appelle notamment à une réforme de l’impôt sur le revenu, à un renforcement de l’investissement public, à un rééquilibrage de la politique d’endettement et à la relance du dialogue social autour de l’élaboration du budget.
Sur le plan fiscal, l’UGTT propose de relever le seuil de revenus exonérés d’impôt de 5.000 à 7 000 dinars, soit un niveau proche du salaire minimum. L’organisation recommande également de revoir le barème de l’impôt sur le revenu des personnes physiques en portant le nombre de tranches de sept à neuf et en relevant le plafond de la tranche supérieure à 100 000 dinars. Selon le syndicat, cette réforme permettrait de renforcer la progressivité de l’impôt tout en allégeant la pression fiscale pesant sur les catégories intermédiaires.
Concernant l’investissement public, l’UGTT estime que son niveau est demeuré insuffisant ces dernières années. Elle préconise ainsi d’augmenter les crédits d’investissement à 8 milliards de dinars, soit l’équivalent de 10 % du budget de l’État, en accordant la priorité aux grands projets d’infrastructures et de transport.
L’organisation syndicale propose également de réorienter la politique de soutien aux entreprises publiques. Elle plaide pour un passage d’une logique de financement des déficits vers une stratégie de financement des investissements, à travers la mise en œuvre d’un plan de redressement, notamment pour la Compagnie des phosphates de Gafsa et Tunisair. Elle recommande par ailleurs la création d’un fonds national dédié à la restructuration des entreprises publiques.
S’agissant de la politique d’endettement, l’UGTT appelle à instaurer un meilleur équilibre entre les emprunts intérieurs et extérieurs. Elle recommande de renforcer la diplomatie financière afin de mobiliser davantage de ressources extérieures, d’adopter une stratégie plus transparente en matière d’endettement externe et de limiter le recours aux avances de la Banque centrale au seul financement des dépenses d’investissement. Elle propose également de réactiver le mécanisme de l’emprunt obligataire national.
L’UGTT a également exprimé des réserves sur la circulaire de la Présidence du gouvernement relative à la préparation du budget 2027. Elle considère que les orientations retenues traduisent une approche d’austérité susceptible d’affecter la qualité des services publics. Le syndicat critique notamment la limitation des promotions dans la fonction publique, l’absence de mesures concrètes de lutte contre l’emploi précaire ainsi que le manque de dispositions destinées à préserver le pouvoir d’achat des ménages à revenus modestes et des classes moyennes.
Enfin, l’organisation réitère son appel à l’ouverture d’un véritable dialogue social autour du projet de loi de finances 2027. Elle demande que les accords conclus avec l’UGTT soient intégrés au texte et que le projet de loi, accompagné de l’ensemble des documents budgétaires, soit publié dès son adoption en Conseil des ministres, afin de permettre aux partenaires sociaux de l’examiner et de formuler leurs observations avant sa transmission à l’Assemblée des représentants du peuple.