Les remboursements liés aux droits de douane instaurés par le président américain Donald Trump – mais invalidés par la Cour suprême – pourraient offrir un soutien inespéré aux entreprises cotées et, par ricochet, au marché boursier américain, estiment plusieurs analystes.
Après avoir longtemps été considérés comme un facteur de pression sur les marges, ces prélèvements pourraient désormais se transformer en levier de croissance des bénéfices pour certaines sociétés.
Lorsque Donald Trump a dévoilé, en avril 2025, les droits de douane dits du « Jour de la libération », de nombreux bureaux d’études avaient revu à la baisse leurs prévisions de résultats et leurs recommandations d’investissement afin d’intégrer l’impact attendu de ces nouvelles taxes sur les coûts des entreprises.
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La donne a toutefois changé après la décision de la Cour suprême jugeant que le président ne disposait pas de l’autorité nécessaire pour imposer ces droits de douane en vertu de la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationaux (IEEPA), ouvrant la voie à des remboursements.
Selon les estimations, publiées par Capital ce mercredi, les sommes concernées atteindraient environ 166 milliards de dollars. Le Trésor américain a commencé à effectuer les premiers remboursements en avril, avant de verser une première tranche de 22 milliards de dollars en mai, soit un montant proche des recettes douanières perçues au cours de ce même mois.
Un potentiel de hausse des bénéfices
Pour Ohsung Kwon, stratégiste actions chez Wells Fargo & Co., ces remboursements représentent un facteur favorable largement sous-estimé par les investisseurs.
Dans une note publiée la semaine dernière et relayée par Bloomberg, Kwon indique qu’une quarantaine d’entreprises, parmi lesquelles Apple Inc., Caterpillar Inc., Dollar Tree Inc. et Tesla Inc., ont signalé avoir bénéficié de remises tarifaires au premier trimestre. Seules huit sociétés, dont Ford Motor Co., General Motors Co. et Under Armour Inc., ont toutefois déjà intégré ces remboursements dans leurs résultats financiers.
Selon lui, cette liste devrait s’allonger au deuxième trimestre, certaines entreprises pouvant enregistrer ces remboursements directement dans leurs bénéfices.
Un effet positif, mais limité dans le temps
Les spécialistes mettent toutefois en garde contre une surestimation de cet impact. Pour Ken Mahoney, ces remboursements constituent avant tout une mesure exceptionnelle destinée à corriger des prélèvements antérieurs, et non une source durable de croissance des profits.
Bob Lang, stratégiste en chef chez Explosive Options, partage cette analyse. Selon lui, les remboursements sont significatifs mais ne suffiront pas à modifier durablement la trajectoire du marché.
Même constat chez Giuseppe Sette, président de Reflexivity, qui estime que ces versements contribueront surtout à apaiser les inquiétudes suscitées par les tensions commerciales récentes, sans pour autant transformer les perspectives des marchés financiers.
Un soutien potentiel à l’investissement
Malgré ces incertitudes, les analystes demeurent optimistes pour le second semestre. Tout en privilégiant les valeurs liées aux semi-conducteurs destinés à l’intelligence artificielle et aux infrastructures numériques, il estime que les remboursements tarifaires, combinés à la hausse des prix du pétrole, pourraient élargir la progression des bénéfices à un plus grand nombre de secteurs.
Au-delà de leur effet comptable, ces remboursements représentent également une injection de liquidités susceptible de soutenir les investissements des entreprises. Une partie de ces fonds pourrait être consacrée au financement de nouveaux projets, aux rachats d’actions, à l’augmentation des dividendes, voire au versement de dividendes exceptionnels.
Enfin, ces liquidités supplémentaires pourraient également permettre à certaines entreprises d’atténuer les pressions inflationnistes pesant sur leurs clients et contribuer ainsi à soutenir l’activité économique au cours des prochains mois.