Entre vacances, loisirs, mariages et préparation de la rentrée scolaire, l’été est devenu l’une des périodes les plus coûteuses de l’année pour les ménages tunisiens. Dans une déclaration exclusive à L’Économiste maghrébin, Ammar Dhaya, président de l’Organisation de défense du consommateur (ODC), estime que les dépenses peuvent augmenter de 15 à 20 % durant cette saison, poussant certaines familles à s’endetter pour préserver un minimum de confort et de loisirs.
Pour de nombreux Tunisiens, l’arrivée de l’été ne rime plus seulement avec détente et vacances. Elle marque également le début d’une période de fortes tensions budgétaires. Dans un contexte déjà marqué par l’érosion du pouvoir d’achat et la hausse continue du coût de la vie, les dépenses saisonnières viennent alourdir davantage les charges des ménages.
Selon Ammar Dhaya, président de l’ODC, le rythme de consommation s’accélère considérablement durant les mois d’été.
« Les familles doivent financer les loisirs des enfants, les sorties, les déplacements vers les plages, les fêtes familiales, les mariages ou encore diverses célébrations qui se multiplient durant cette période », explique-t-il.
Quand l’été pousse certains ménages vers le crédit
Face à cette accumulation de charges, les stratégies d’adaptation varient selon les revenus et les capacités financières des familles. Certains ménages anticipent ces dépenses en épargnant plusieurs mois à l’avance. D’autres, en revanche, n’ont d’autre choix que de recourir à l’endettement.
« Nous constatons sur le terrain que certaines familles contractent des crédits ou s’endettent auprès de leur entourage pour pouvoir faire face aux dépenses estivales », souligne Ammar Dhaya.
Cette situation traduit les difficultés croissantes rencontrées par une partie des ménages pour concilier dépenses courantes et dépenses saisonnières, dans un contexte économique toujours contraint.
Jusqu’à 20 % de dépenses supplémentaires durant l’été
S’il refuse d’avancer des données présentées comme scientifiquement établies, le président de l’ODC estime que l’impact financier de l’été reste particulièrement important.
« À titre indicatif, les dépenses des ménages peuvent progresser de 15 à 20 % durant l’été par rapport au reste de l’année. Mais il faut rester prudent, car les situations varient énormément selon les régions et les catégories sociales », affirme-t-il.
Au-delà des loisirs, les habitudes de consommation évoluent également durant cette période. La demande augmente sur plusieurs produits saisonniers comme les eaux minérales, les boissons rafraîchissantes, les glaces et les fruits d’été.
« Les ménages achètent davantage de fruits de saison comme la pastèque, le melon, les figues ou le raisin, ce qui représente des dépenses supplémentaires », précise Ammar Dhaya.
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Le droit aux vacances, un enjeu social
Pour l’ODC, la question ne se limite pas à la seule dimension économique. L’accès aux loisirs et au repos constitue également un enjeu social important.
« La vie ne se résume pas à manger et à payer ses factures. Le droit à la détente et au divertissement est devenu essentiel, au même titre que d’autres besoins fondamentaux », estime le responsable.
Selon lui, les difficultés économiques et la pression psychologique qui touchent une part croissante de la population rendent les moments de repos et de déconnexion plus nécessaires que jamais pour les familles, les travailleurs et les étudiants.
L’ODC appelle à renforcer le tourisme intérieur
Dans cette perspective, l’Organisation de défense du consommateur plaide pour une véritable politique de promotion du tourisme intérieur afin de rendre les vacances plus accessibles aux Tunisiens.
L’organisation appelle notamment à une meilleure régulation des locations saisonnières, des maisons d’hôtes et des différentes formes d’hébergement alternatif, afin de garantir le respect des normes de sécurité et d’hygiène tout en limitant les abus.
« Nous voulons faciliter l’accès des Tunisiens aux plages, aux sites touristiques, aux hôtels et aux régions de l’intérieur. Le tourisme intérieur doit devenir un véritable levier social et économique », plaide Ammar Dhaya.
L’ODC encourage également le développement de solutions de paiement échelonné pour les séjours touristiques, dans l’objectif de permettre à davantage de ménages à revenu moyen de profiter de vacances sans avoir à supporter immédiatement l’ensemble des coûts.