La Banque du Japon (BoJ) a relevé son taux directeur à son plus haut niveau depuis 1995, signalant ainsi la poursuite de son assouplissement progressif de la politique monétaire dans les mois à venir.
La Banque centrale du Japon a relevé, mardi 16 juin, ses taux d’intérêt de 0,25 point de pourcentage, les portant à 1 %, selon un communiqué officiel; une décision qui était largement anticipée par les marchés et les économistes.
Dans le même temps, la banque a annoncé qu’elle maintiendrait ses achats mensuels d’obligations à environ 2 billions de yens à partir d’avril 2027, marquant ainsi la fin de la réduction progressive du programme d’achats.
Après cette annonce, le yen a légèrement baissé à 160,34 contre le dollar, restant proche des niveaux qui avaient précédemment incité le ministère japonais des Finances à intervenir.
L’absence du gouverneur Ueda a marqué la réunion, son rôle étant assumé par le vice-gouverneur Shinichi Uchida, qui a présenté les dernières informations sur les marchés. Considéré comme un acteur clé de la politique monétaire moderne de la banque, Uchida devrait apporter des précisions sur l’évolution des taux d’intérêt.
Les analystes prévoient que la Banque du Japon poursuivra ses hausses de taux progressives, environ tous les six mois, en raison des fortes pressions inflationnistes qui demeurent tant au niveau international que national, du fait de la faiblesse persistante du yen. Cependant, le rythme de la prochaine mesure reste incertain, certains n’excluant pas une nouvelle hausse dès 2026.
La banque centrale a reconnu que les prix du pétrole et les anticipations d’inflation pourraient faire grimper l’inflation sous-jacente au-delà de son objectif de 2 %, renforçant ainsi la nécessité d’un resserrement monétaire prudent mais continu.
Dans le même temps, la politique monétaire reste un sujet politiquement sensible, le gouvernement exprimant une préférence pour une approche plus souple, ce qui limite la marge de manœuvre pour des mesures agressives.
Les marchés se tournent désormais vers les déclarations d’Uchida et les indications sur la rapidité avec laquelle la prochaine série de hausses de taux pourrait intervenir, car toute nouvelle rhétorique de « resserrement » pourrait peser davantage sur le yen et les marchés des changes mondiaux.