Selon une lecture publiée par la page officielle de la Fédération tunisienne des artisans et des petites et moyennes entreprises (FTAPME), la baisse marquée de l’usage des chèques en Tunisie ne reflète pas un ralentissement de l’activité économique. Les données du premier trimestre 2026, appuyées par les statistiques de la Banque centrale de Tunisie, indiquent plutôt une transformation structurelle des moyens de paiement et une accélération de la digitalisation du système financier.
Un recul du chèque compensé par la montée des autres moyens de paiement
Entre le premier trimestre 2023 et celui de 2026, l’utilisation des chèques en Tunisie a chuté de manière importante, passant de 11,45 millions à environ 3,39 millions d’opérations. Cette évolution a alimenté l’idée d’un possible ralentissement économique.
Cependant, les autres indicateurs montrent une dynamique inverse. Les virements bancaires ont progressé de 15,7%, les effets de commerce ont connu une hausse exceptionnelle de plus de 200%, tandis que les paiements électroniques et mobiles ont enregistré des croissances significatives, respectivement de plus de 34% et 67%. Le commerce électronique continue également de se développer avec une augmentation du nombre de plateformes actives. Ainsi, les transactions économiques ne diminuent pas : elles changent simplement de support et de canal.
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Une activité économique qui continue de circuler dans le système bancaire
Les données de compensation bancaire confirment cette dynamique globale. Les virements atteignent près de 19,58 milliards de dinars en valeur, tandis que les effets de commerce enregistrent également une progression notable, tant en volume qu’en valeur.
Ces chiffres montrent que la circulation de la liquidité dans l’économie tunisienne reste active. Le système financier ne subit pas une contraction de l’activité, mais une recomposition de ses outils de paiement. Cette évolution s’inscrit dans une tendance plus large de modernisation et de digitalisation, portée par la Banque centrale de Tunisie et par les transformations des comportements économiques des entreprises et des particuliers.
Une lecture économique qui dépasse la seule réforme des chèques
Toujours selon la lecture publiée par la Fédération tunisienne des artisans et des petites et moyennes entreprises, attribuer les difficultés économiques actuelles à la seule réforme du chèque serait une analyse réductrice.
L’économie tunisienne fait face depuis plusieurs années à des contraintes structurelles profondes : difficultés d’accès au financement, niveaux élevés des taux d’intérêt, retards de paiement, pression fiscale et poids de l’économie informelle. Ces facteurs existaient bien avant la réforme du chèque et continuent d’influencer la dynamique des entreprises.
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Dans ce contexte, la baisse du chèque s’inscrit davantage dans un processus de modernisation du système financier que dans une cause directe de ralentissement économique. Elle s’accompagne au contraire d’une montée des paiements électroniques, du mobile banking et des virements bancaires.
Les données disponibles, ainsi que l’analyse de la FTAPME, convergent vers un même constat : la Tunisie ne connaît pas un ralentissement économique causé par la disparition progressive des chèques, mais une mutation profonde de ses moyens de paiement.
Le défi principal ne réside donc pas dans un retour en arrière, mais dans l’accompagnement de cette transition par des solutions de financement adaptées aux PME, capables de soutenir l’investissement, la liquidité et la croissance économique.