Le projet d’acquisition du groupe hospitalier tunisien Taoufik Hospitals Group (THG) par le groupe marocain Akdital, annoncé fin 2025 pour environ 90 millions de dollars, ne semble pas soulever l’enthousiasme au sein des autorités tunisiennes. Selon des informations publiées par Africa Intelligence, l’opération pourrait ne pas aboutir.
À préciser que l’acquisition prévoit la prise de contrôle à 100 % de Taoufik Hospitals Group, premier groupe hospitalier privé tunisien, qui exploite quatre cliniques à Tunis (Taoufik, Soukra, Ezzahra et Hannibal), dispose de plus de 600 lits et emploie plus de 1 600 personnes.
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Rappelons au passage que l’opération constitue la première implantation d’Akdital en Afrique du Nord hors du Maroc et s’inscrit dans sa stratégie d’expansion régionale.
Avant sa finalisation, faut-il le rappeler, le dossier doit obtenir les autorisations réglementaires tunisiennes, notamment celle du Conseil de la concurrence. Normal. Si les enjeux concurrentiels paraissent limités aux yeux de plusieurs observateurs, les réserves exprimées par certains porteraient davantage sur des considérations de souveraineté économique et sur le caractère stratégique du secteur de la santé.
De son côté, Akdital défend un projet présenté comme “industriel“ et “médical“. Le groupe met en avant les synergies possibles entre les deux opérateurs, le transfert de compétences, le développement des infrastructures hospitalières et la création d’une plateforme régionale de coopération médicale. Selon les données communiquées lors de l’annonce de l’opération, THG a réalisé plus de 45 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2024 et affichait une croissance attendue de 15 % en 2025.
L’issue du dossier est désormais observée bien au-delà du secteur de la santé. Elle pourrait être perçue comme un signal de l’ouverture – ou de la fermeture – de la Tunisie aux investissements maghrébins dans des secteurs stratégiques, dans un contexte où les considérations économiques semblent désormais étroitement liées aux équilibres diplomatiques régionaux.
Mais pour le moment on n’en est pas là.