Certains se souviennent de ce 31 mai 1966. Pour la première fois, ils ont assisté sur leur poste de télévision à la présentation de la téléspeakerine d’alors, Naziha Magherbi. L’image était à l’envers ; fait marquant de ce début donc de la télévision tunisienne. Une image découverte sur des écrans en noir et blanc de la marque Carthage ou Autovox.
Le 31 mai 1966, la télévision publique – et la télévision tunisienne tout court- a fait son apparition. Nos compatriotes ont suivi, à ce titre, ces derniers jours, sur la Watanya 1 et la Watanya 2, quelques documentaires rappelant le début du petit écran. Et son inauguration par le premier président de la République, Habib Bourguiba (notre première photo). Et la première image découverte par les téléspectateurs, et qui est restée dans la mémoire de plus d’un, est celle de la téléspeakerine d’alors, Naziha Magherbi. L’image était à l’envers (notre seconde photo) ; fait marquant de ce début donc de la télévision tunisienne. Une image découverte sur des écrans en noir et blanc de la marque Carthage ou Autovox.
Avant cette date, les Tunisiens avaient connu la télévision au travers des programmes de la RAI, la télévision publique italienne, qui se limitait à une seule et unique chaîne. Un émetteur avait été installé par la RAI, en 1960, pour la retransmission des Jeux olympiques de 1960, et était ensuite resté en fonction pour quelque temps sur le réseau hertzien. Ce qui permit à de nombreux tunisiens de faire connaissance avec la langue italienne. Mais aussi de devenir des fans des clubs italiens, comme l’A C Milan, l’Inter de Milan, la Juventus ou encore Cagliari; ou encore d’animateurs comme Pippo Baudo.
Depuis, que de changements! La télévision publique est passée effectivement à la couleur. Comme elle a étendu ses programmes pour être diffusée 24 heures/ 24. Et a ajouté une deuxième chaîne, appelée la Chaîne jeune. Elle fut rebaptisée Watanya 2 au lendemain du 14 janvier 2011. Sans oublier l’introduction de la publicité.
Un nouveau contexte
En fait, et avant 2011, le paysage télévisuel a cessé d’être trusté, pour ainsi dire, par les chaînes publiques. Il y a eu ainsi Hannibal Tv et Nessma Tv. Avant d’assister à une explosion avec l’apparition de pas moins de neuf nouvelles chaînes. Un nouveau contexte qui a transformé le PAT (Paysage Audiovisuel Tunisien) et qui a engendré la concurrence.
La révolution de 2011 n’a pas été facile pour les chaînes publiques qui ont connu des difficultés notamment financières avec les recrutements d’un personnel qui a été longtemps pigiste et en raison d’un manque de ressources essentiellement publicitaires.
A l’instar du sitcom « Chouflihall »
Soixante ans après sa naissance la télévision publique vit notamment grâce à ses riches archives qu’elle continue de programmer y compris aux heures de forte audience. A l’instar du sitcom « Chouflihall », programmé même au cours du mois de ramadan connu pour ne diffuser que de nouveaux programmes.
Au cours des soixante ans de son existence, la télévision tunisienne peut s’enorgueillir également d’avoir largement contribué à attirer un ensemble de compétences. Dont certains continuent de faire les beaux jours de nombreuses télévisions arabes, surtout dans la région du Golfe arabe.
