La nomination du Tunisien Habib Turki au poste de secrétaire général de l’Union internationale du transport routier (IRU), à compter du 1er août 2026, pourrait constituer une avancée majeure pour la visibilité et le positionnement stratégique de la Tunisie dans les secteurs du transport, de la logistique et du commerce international. Mais autant le souligner tout de suite, cela ne suffira pas à redorer « notre » blason.
Basée à Genève, l’IRU est l’une des principales organisations mondiales du transport routier. Elle supervise notamment le système TIR (transport international routier), un mécanisme international qui facilite le transit des marchandises entre plusieurs pays en simplifiant les procédures douanières et en réduisant les coûts logistiques. Dans un contexte marqué par la recherche de chaînes d’approvisionnement plus fluides et sécurisées, l’organisation joue un rôle central dans les échanges commerciaux mondiaux.
Cette nomination intervient alors que les pays africains et méditerranéens accélèrent la modernisation de leurs infrastructures de transport et renforcent leur intégration aux grands corridors commerciaux régionaux. Pour la Tunisie, qui ambitionne de consolider sa position de plateforme logistique entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient, l’accession d’un Tunisien à la tête de l’IRU représente un signal fort sur les plans économique et diplomatique.
À noter que Habib Turki dispose d’une solide expérience dans le domaine du transport. Entre 2015 et 2018, il a occupé le poste de conseiller régional de l’IRU pour le Moyen-Orient, contribuant à l’intégration de plusieurs pays au système TIR, notamment Oman, la Palestine, le Qatar et l’Arabie saoudite. Il a ensuite poursuivi sa carrière à la Fédération internationale de l’automobile (FIA), où il a dirigé plusieurs projets internationaux.
Au-delà de sa portée symbolique, cette nomination place la Tunisie au cœur des enjeux liés à la logistique mondiale, à la mobilité durable et à la sécurisation des échanges commerciaux.