Marseille a donné le coup d’envoi de la Saison Méditerranée, un vaste programme culturel et diplomatique destiné à célébrer les liens entre les peuples du bassin méditerranéen. À cette occasion, le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a souligné l’importance stratégique, humaine et culturelle de cet espace, appelant à renforcer les échanges face aux crises contemporaines.
Dans un discours empreint de références à Albert Camus, Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, a rappelé l’attachement profond des peuples à la Méditerranée, qu’il a décrite comme un espace fondateur de civilisation et de dialogue. Il a insisté sur le rôle central de cette région dans les priorités diplomatiques françaises, soulignant qu’elle constitue à la fois un carrefour d’échanges économiques et un point névralgique des équilibres géopolitiques mondiaux.
Le ministre a alerté sur les vulnérabilités croissantes du bassin méditerranéen, directement exposé aux effets du dérèglement climatique. Il a évoqué des phénomènes de plus en plus marqués, tels que les canicules, les sécheresses ou les inondations, appelant à une mobilisation collective pour préserver cet espace fragile. Il a également mis en avant l’engagement de la France dans la protection des océans, rappelant le rôle joué lors de la Conférence des Nations unies sur l’Océan à Nice.
Abordant la situation géopolitique, il a dénoncé les conséquences durables des conflits au Proche-Orient, notamment la guerre à Gaza et ses répercussions régionales. Il a insisté sur la nécessité de refuser toute fatalité face aux drames humains qui poussent des populations à l’exil, la Méditerranée devenant trop souvent, a-t-il déclaré, un « cimetière » pour ceux qui fuient la guerre et les persécutions.
Sur le plan politique, il a rappelé la décision de la France de reconnaître l’État de Palestine, présentée comme un acte de justice et un levier essentiel pour relancer la solution à deux États. Cette reconnaissance constitue, selon lui, un moyen de lutter contre les extrémismes en redonnant une perspective politique aux populations concernées. Il a également annoncé la tenue prochaine d’une conférence internationale à Paris visant à donner la parole aux sociétés civiles israéliennes et palestiniennes.
Le ministre a ensuite mis en avant la dimension concrète de l’engagement français en Méditerranée, notamment à travers le soutien aux initiatives portées par les sociétés civiles, les jeunes, les artistes et les entrepreneurs. Il a rappelé les grandes étapes de cette dynamique, du Sommet des deux rives en 2019 au Forum des mondes méditerranéens, jusqu’au Sommet pour une Méditerranée connectée organisé en 2025.
La culture comme vecteur de rapprochement entre les peuples
Évoquant la Saison Méditerranée, il a souligné qu’elle constitue l’aboutissement de cette stratégie, avec une programmation culturelle déployée dans toute la France et en lien avec plusieurs pays partenaires, dont la Tunisie, l’Algérie, le Maroc, l’Égypte et le Liban. Il a insisté sur l’importance de la culture comme vecteur de rapprochement entre les peuples, estimant qu’elle permet de combattre les discours de haine et de préserver un socle commun d’humanité.
M. Barrot a également salué les initiatives en faveur des artistes et intellectuels en exil, citant notamment le programme PAUSE, et annoncé la participation du poète palestinien Mahmoud al-Shaer à cette saison culturelle. Il a réaffirmé, à cette occasion, la mobilisation de la France pour faciliter les évacuations humanitaires depuis Gaza.
« Continuer à créer, à transmettre et à espérer »
Enfin, il a appelé à ne pas céder à la division ni aux tentations de repli, affirmant que le boycott culturel ne constitue pas une réponse aux crises politiques. De poursuivre en soulignant que la culture, la musique et les arts demeurent des outils essentiels pour maintenir le dialogue entre les peuples.
Concluant son intervention sur une note d’optimisme et d’espoir, il a invité à « continuer à créer, à transmettre et à espérer », insistant sur la vocation de la Méditerranée à incarner un espace de lumière, de beauté et de coexistence.