L’augmentation salariale réelle ne dépasserait pas 3,8 %, contredisant ainsi les 5 % annoncés par le gouvernement. C’est ce que révèle l’expert en systèmes de rémunération Hédi Dahman. Intervenant le lundi 11 mai 2026 lors d’un séminaire du département du secteur privé consacré au droit à la négociation collective, ce dernier a dénoncé l' »opacité et l’iniquité d’un système de paie fragmenté » qui « fragilise le pouvoir d’achat des travailleurs ».
Selon l’organe de presse de l’UGTT, Echâabnews, cette analyse technique repose sur un constat structurel frappant puisque le pays compte actuellement 625 systèmes de rémunération différents. Ce volume exceptionnel, que l’expert juge supérieur aux indicateurs observés dans des puissances comme la Chine, empêche toute mesure fiable d’un taux de croissance moyen à l’échelle nationale. Cette complexité administrative rend caduque la communication gouvernementale sur une revalorisation uniforme et masque une réalité bien moins avantageuse pour les salariés du privé.
L' »injustice de cette réforme » se manifeste également par une application disparate selon les catégories professionnelles. Hédi Dahman souligne que l' »impact financier sera loin d’être égalitaire pour l’ensemble des agents ». Cette situation se trouve aggravée par la « liberté excessive accordée aux organisations patronales dans le calendrier de mise en œuvre ». L’expert pointe particulièrement du doigt le manque de rigueur concernant l’effet rétroactif des augmentations, laissant la porte ouverte à des interprétations arbitraires au détriment des droits syndicaux fondamentaux.