Quand Donald Trump s’installait derrière son iPhone à l’aube, ce n’était pas pour envoyer des communiqués de presse, c’était pour déclencher des grenades numériques. Face à l’Iran, on a atteint le pic de son obsession : une posture « Waaw » qui tenait plus du film de chaos à gros budget que de la haute diplomatie.
Le principe était simple : frapper fort, frapper vite et, surtout, saturer l’attention. Quand il tweetait en majuscules des menaces de destruction totale ou qu’il postait des montages dignes d’une affiche de film de super-héros après l’élimination du guide suprême de la République Islamique d’Iran, l’effet de souffle était immédiat.
Mais ce souffle ne se limitait pas à la sphère politique, il balayait instantanément les places boursières où chaque caractère frappé devenait un facteur de risque imprévisible, transformant les courbes de la Bourse en « Grand Huit » d’un manège affolé. Loin de rassurer par une démonstration de force, cette posture rendait les marchés financiers chroniquement instables et volatils, soumis aux soubresauts d’une humeur du moment plutôt qu’à une stratégie réfléchie. On est dans la sidération pure : Pour ses supporters, c’était le retour du Shérif, pour ses adversaires, l’angoisse d’une Troisième Guerre mondiale. Dans les deux cas, le pari de l’occupation mentale était gagné dans les apparences, à un prix exorbitant, celui de la confiance.
En substituant le coup d’éclat à la règle du jeu, il a alimenté une crise de foi envers les institutions : comment construire l’avenir quand la parole de la première puissance mondiale change au gré d’une notification smartphone ? Sauf que l’effet « Waaw » est une drogue de l’accoutumance, où à force de hurler à la fin du monde en 280 caractères, la menace finit par devenir un simple bruit de fond. Téhéran a fini par craquer le code, comprenant que sous le vernis des provocations, la stratégie restait celle d’un homme qui, au fond, redoute les conflits longs et coûteux.
La limite de cette posture, c’est la collision entre l’écran et la réalité. On ne gère pas une crise nucléaire, ni la stabilité économique mondiale, comme on gère le suspense d’un épisode de téléréalité. À force de chercher l’effet spectaculaire, Trump a érodé la valeur de la parole officielle, la transformant en une source de stress permanent pour l’économie. Quand tout est présenté comme « énorme » et « historique », l’information perd son poids, le résultat est une diplomatie caricaturale à bout de souffle, où l’adversaire comme l’investisseur finissent par attendre que l’orage passe. Le « Waaw » s’est transformé en un « Ah, encore ? », prouvant qu’en géopolitique comme en finance, l’agitation numérique finit par créer plus de chaos que de respect.
Mahjoub Lotfi Belhedi
Stratège en réflexion IA