L’archipel tunisien de Kerkennah dispose désormais d’une feuille de route concrète pour faire face aux bouleversements climatiques. Trente-trois initiatives, dont quatorze jugées urgentes, ont été recensées dans le cadre du projet « Soumoud », porté par ONU-Habitat et la municipalité de Kerkennah. Un arsenal de réponses structurées face à une vulnérabilité territoriale croissante.
Le chiffre est précis. Trente-trois projets ont été répertoriés. Parmi eux, quatorze sont considérés comme prioritaires. Ils ont été élaborés en étroite collaboration avec les associations et les acteurs locaux de l’archipel. Leur ambition commune : limiter les impacts du changement climatique sur les écosystèmes et les infrastructures de Kerkennah.
C’est la coordinatrice du projet au sein d’ONU-Habitat, Mariem Rekik, qui a dévoilé ces données. Elle s’exprimait lors d’une journée d’échange tenue à Tunis, organisée conjointement par ONU-Habitat et la municipalité de Kerkennah. La rencontre était placée sous le thème : « Voies résilientes pour l’adaptation au climat : le projet Soumoud dans l’archipel de Kerkennah en Tunisie ».
Lancé en février 2024, « Soumoud » constitue la déclinaison tunisienne du programme onusien RISE UP. Son périmètre d’action cible plusieurs menaces climatiques documentées : montée du niveau de la mer, événements météorologiques extrêmes, inondations et sécheresses. À ce stade, le projet a produit deux livrables structurants.
Deux outils stratégiques au cœur du dispositif
Le premier est une évaluation de la vulnérabilité multicouches, dite MVA. Elle a permis la constitution d’une base de données géospatiales. Celle-ci offre une lecture intégrée des pressions liées à l’urbanisation, des risques climatiques et de la perte de biodiversité sur le territoire insulaire.
Le second livrable est le Plan d’action pour la résilience urbaine, ou URAP. Il propose une vision stratégique à long terme pour un développement durable de l’archipel. Il se décline en projets structurés et en feuilles de route détaillées. Des démarches de mobilisation de financements et de partenariats sont par ailleurs en cours pour accompagner leur mise en œuvre.
Au-delà de leur dimension opérationnelle, ces initiatives ont vocation à s’inscrire dans les documents de planification territoriale. Mariem Rekik a ainsi précisé qu’elles seront intégrées dans les futurs plans de développement de l’archipel. Elles alimenteront également le schéma directeur d’aménagement des îles de Kerkennah, dont l’élaboration a été lancée en juillet 2025 par le ministère de l’Équipement.
Un programme international comme cadre de référence
« Soumoud » s’inscrit dans le programme RISE UP, mis en œuvre par ONU-Habitat. Ce dernier bénéficie du financement de l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement, l’AECID, aux côtés de plusieurs pays partenaires.
L’objectif affiché est double. Il s’agit, d’une part, de mobiliser des investissements à grande échelle en faveur des communautés urbaines vulnérables. D’autre part, le programme vise à promouvoir des solutions innovantes, à faciliter l’accès aux financements climatiques et à articuler les actions locales avec les cadres internationaux de lutte contre les changements climatiques. Pour y parvenir, il s’appuie sur une coopération active entre les échelons local, régional et international.