La chute est qualifiée d’« historique ». L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) s’est alarmée, jeudi 8 avril, « d’un recul de 23,1 % de l’aide publique au développement (APD) en 2025 ». Selon des données préliminaires, les pays membres de son Comité d’aide au développement ont consacré 174,3 milliards de dollars à l’aide internationale l’an dernier, marquant ainsi une deuxième année consécutive de baisse dans un contexte budgétaire et géopolitique tendu.
Ce niveau ramène l’aide mondiale à celui de 2015 et représente seulement 0,26 % du revenu national brut des pays donateurs, bien loin de l’objectif de 0,7 % fixé par les Nations unies. « Il est extrêmement préoccupant de constater une chute aussi brutale alors que les besoins humanitaires ne cessent d’augmenter », a déclaré Carsten Staur, président du Comité d’aide au développement de l’OCDE.
L’OCDE explique une partie de cette contraction de l’aide par le désengagement des principales économies. 26 des 34 membres du comité ont réduit leurs contributions, les cinq plus grands donateurs concentrant à eux seuls près de 96 % du recul global. L’aide a notamment diminué en Allemagne (-17,4 %), en France (-10,9 %), au Royaume-Uni (-10,8 %) et au Japon (-5,6 %). Les États-Unis expliquent toutefois l’essentiel de la chute, avec plus de 75 % du recul total, conséquence notamment du démantèlement de l’agence américaine USAID après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
Cette baisse fragilise particulièrement les programmes humanitaires, les initiatives de développement de base et les pays les plus pauvres, en particulier en Afrique. Les ONG dénoncent un tournant dangereux : selon Oxfam, par exemple, les pays riches « tournent le dos à la vie de millions de personnes ».
L’OCDE redoute que cette tendance se prolonge : sous la pression des finances publiques et des tensions internationales, l’aide pourrait encore diminuer de 5,8 % en 2026. Et avec le conflit au Moyen-Orient et ses conséquences économiques, la situation pourrait s’aggraver pour nombre de pays africains, pas seulement les plus pauvres. Cependant, les pays en développement doivent saisir ce contexte pour se passer de l’aide ou du moins en dépendandre moins.