L’Union européenne prévient que l’inflation pourrait dépasser 3 % cette année si la guerre au Moyen-Orient maintenait le prix du pétrole Brent autour de 100 dollars le baril et celui du gaz naturel à un niveau élevé pendant une période prolongée.
Dans un tel scénario, la croissance économique en 2026 pourrait chuter jusqu’à 40 points de base en dessous des 1,4 % prévus. C’est ce qu’a dernièrement déclaré le commissaire européen à l’économie, Valdis Dombrovskis, aux ministres des Finances de l’UE, selon un rapport de Bloomberg publié mercredi 11 mars..
Outre les prix du pétrole, ce scénario table sur le maintien des prix du gaz en Europe autour de 75 € par mégawattheure jusqu’à la fin de l’année. L’inflation sera donc supérieure de 70 à 100 points de base aux 2,1 % initialement prévus pour 2026.
Une forte hausse de l’inflation pourrait contraindre la Banque centrale européenne – dont une réunion est prévue le 19 mars – à relever ses taux d’intérêt.
M. Dombrovskis a également averti que l’impact de la guerre sur les marchés financiers, le commerce et les chaînes d’approvisionnement pourrait avoir des répercussions négatives supplémentaires sur l’économie.
Pour Isabelle Schnabel, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, si l’inflation dans la zone euro devrait se maintenir proche de l’objectif de 2 % fixé par la BCE à moyen terme, les nouvelles prévisions pour mars refléteront « au moins en partie » les effets de la guerre.
Les perspectives sont menacées
Le commissaire européen a indiqué que les perspectives économiques étaient légèrement meilleures qu’à l’automne, avec une croissance attendue d’environ 1,5 % et 1,6 % pour cette année et l’année prochaine, selon les sources. Cependant, ces perspectives sont désormais incertaines en raison de la guerre en l’Iran, qui s’est étendue à toute la région du Golfe. En effet, des missiles et des drones ont touché des installations énergétiques dans des pays comme l’Arabie saoudite et le Qatar, affectant la production de gaz naturel liquéfié et de pétrole. De plus, le passage des pétroliers et autres marchandises par l’important détroit d’Ormuz est quasiment interrompu.
Pour atténuer l’impact, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a accepté mercredi de libérer 400 millions de barils provenant des réserves pétrolières d’urgence, un niveau record pour l’agence.