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Leconomiste Maghrebin > Blog > A ne pas manquer > Guerre en Iran : la Fed durcit le ton et éloigne les espoirs de baisses de taux
A ne pas manquerInternational

Guerre en Iran : la Fed durcit le ton et éloigne les espoirs de baisses de taux

Kamel Grar / Agences
2026/03/04 at 1:34 PM
par Kamel Grar / Agences 5 Min Lecture
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La guerre au Moyen-Orient s’impose désormais comme un facteur central dans les décisions de la Réserve fédérale. Compromettant ainsi les perspectives de nouvelles baisses de taux d’intérêt réclamées par l’administration de Donald Trump. Face à la montée des risques inflationnistes liés au conflit avec l’Iran, la Banque centrale américaine adopte une posture résolument prudente; après une troisième hausse consécutive des taux directeurs de 75 points de base.

Les responsables de la Fed intègrent désormais pleinement la guerre au Moyen-Orient dans leur analyse des risques économiques. Et ce, malgré la résilience jusqu’ici affichée par l’économie américaine. Un conflit prolongé, marqué par des frappes directes sur le territoire iranien et des représailles de Téhéran et de ses alliés à travers la région, pourrait affecter les États-Unis par plusieurs canaux. C’est ce dont a averti, mardi 3 mars, John Williams, président de la Réserve fédérale de New York.

À court terme, un tel scénario pourrait provoquer une chute des prix des actifs, des perturbations commerciales touchant les alliés des États-Unis et une accélération de l’inflation.

M. Williams a toutefois souligné qu’il est encore trop tôt pour mesurer précisément l’ampleur de ces effets. Tout en rappelant que des précédents historiques, comme la guerre en Ukraine, n’avaient pas profondément modifié la trajectoire de l’économie américaine. « Personne ne peut être certain de la durée de cette situation, ni de ses implications plus larges », déclare-t-il, en marge d’un discours à Washington. Il estime encore que les fluctuations des prix du pétrole observés jusqu’à présent n’ont pas encore bouleversé les fondamentaux économiques. Mais la Fed reste en attente de signaux plus durables.

Dans le même esprit, Neel Kashkari, président de la Réserve fédérale de Minneapolis, souligne que l’intervention militaire en Iran renforçait ses réserves quant à un assouplissement monétaire rapide. « Compte tenu des événements géopolitiques, nous devons collecter davantage de données », a-t-il déclaré lors de la conférence Bloomberg Invest à New York. Tout en insistant sur l’incertitude entourant la durée de la hausse des prix de l’énergie.

Les responsables de la Fed devraient donc maintenir les taux inchangés lors de leur réunion des 17 et 18 mars. Après trois baisses successives de 25 points de base en 2025, la réserve américaine avait déjà marqué une pause à la fin janvier. M. Kashkari a par ailleurs réaffirmé son soutien au président de la Fed, Jerome Powell, dont le mandat s’achève en mai. Sachant qu’il subit de fortes pressions politiques pour accélérer les baisses de taux.

Les marchés financiers semblent, eux aussi, privilégier le scénario inflationniste. La réaction initiale au conflit a renforcé les anticipations d’une politique monétaire plus restrictive. Tout en réduisant la probabilité de baisses de taux à court terme. L’incertitude est accentuée par la détermination affichée de Donald Trump de poursuivre l’offensive jusqu’au renversement du régime iranien. Une perspective qui rappelle, sans l’égaler, le choc pétrolier mondial provoqué par la révolution de 1979.

En outre, la récente vague de ventes sur le marché obligataire a encore réduit les anticipations d’une baisse des taux avant septembre. Les prix du pétrole américain ont bondi de plus de 13 % depuis le week-end, à la suite d’attaques ayant entraîné la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei et la fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole brut mondial.

Dans ce contexte, les marchés n’accordent plus qu’environ 40 % de probabilité à une baisse des taux dès le mois de juin. Date à laquelle Kevin Worth, candidat de Donald Trump pour succéder à Jerome Powell, présiderait pour la première fois une réunion de politique monétaire.

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MARQUÉE: FED, Guerre, Iran, Moyen-Orient, Powell, Taux directeur
Kamel Grar / Agences 4 mars 2026
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