Près de cinq ans après la pandémie, 90% des pays avancés ont un PIB par habitant supérieur au niveau de 2019, alors que plus d’un quart des pays émergents et en développement n’ont pas retrouvé leur niveau de revenus par habitant, signale la Banque mondiale dans son dernier rapport « Global Economic Prospects » (janvier 2026). Une résilience de l’économie mondiale qui serait poussée par les économies avancées. Par Noura Harboub-Labidi
La Tunisie, classée dans la catégorie inférieure des pays à revenus intermédiaires, a connu un taux de croissance de 2,4% au T3 de l’année 2025 selon l’INS, et de 2,6% selon la Banque mondiale pour l’année 2025. Une croissance qui reste faible et inférieure à celle de ses voisins. Les projections de la Banque mondiale à l’horizon 2026-2027 indiquent qu’elle connaitra une légère baisse.
Des chiffres inquiétants, car une faible croissance limite fortement la capacité de l’économie à absorber le chômage structurel, en particulier celui des jeunes et des diplômés. D’ailleurs, le rapport souligne que la croissance reste peu inclusive dans les pays émergents et en développement et signale un paradoxe, celui d’avoir, d’un côté, des jeunes avec des niveaux d’éducation élevés et, de l’autre, une faible capacité de l’économie à leur créer suffisamment d’opportunité d’emploi.
Pour cette même région, le rapport rappelle les vulnérabilités externes structurelles, des déficits courants persistants et des réserves en devises sous pression. Un durcissement soudain des conditions financières ou un choc sur les prix alimentaires et énergétiques risqueraient de réduire la marge de manœuvre de la politique économique, déjà fortement contrainte.
Dans cet environnement mondial marqué par de fortes tensions commerciales et géopolitiques, la dynamique de croissance dépendra de la capacité des pays à restaurer la discipline budgétaire pour l’encadrer dans le temps. Etablir une contrainte institutionnelle durable permettra d’encadrer les déficits, la dette ou les dépenses publiques pour assurer la soutenabilité des finances publiques et protéger l’économie d’éventuels chocs économiques.
Il y a désormais urgence à rompre avec l’inaction. Continuer à faire le choix de reporter les réformes pourrait laisser ces économies durablement coincées dans une trajectoire de rattrapage lent, d’aggraver les difficultés économiques, d’attiser les tensions sociales et de compromettre l’acceptabilité des mesures qui risquerait de fragiliser la stabilité et les perspectives de développement.