Dans un geste fort pour relancer sa diplomatie au Sahel, l’Algérie annonce le retour immédiat de son ambassadeur à Niamey. Mettant ainsi fin à près de dix mois de tensions avec le Niger.
Le ministère algérien des Affaires étrangères a précisé que cette décision faisait suite au retour à Alger de l’ambassadeur nigérien, Aminou Malam Manzo, et à la reprise officielle de ses fonctions. Si ce dégel diplomatique ne règle pas tous les différends, il marque un retour au dialogue entre l’Algérie et le Niger. De même qu’il remet les relations bilatérales sur les rails.
Confronté à un isolement croissant dans sa sphère d’influence sahélienne, Alger a opté pour le pragmatisme. Le maintien d’un vide diplomatique à Niamey risquait en effet d’ouvrir la voie à d’autres acteurs régionaux ou internationaux. Dans ce contexte, dépasser les crispations de l’année écoulée est apparu comme un choix stratégique fondé sur des intérêts communs.
L’Algérie considère le Niger comme un partenaire clé et relativement flexible pour desserrer l’étau diplomatique au Sahel. Alors que les relations avec le Mali restent plus complexes, la reprise du dialogue avec Niamey envoie un signal d’apaisement aux pays voisins et confirme une diplomatie algérienne axée sur la concertation plutôt que l’imposition…
Cette décision intervient quelques jours après l’invitation officielle adressée par Tebboune à son homologue nigérien, le président Abdourahmane Tiani, pour une visite en Algérie.
Les premiers signes d’un rapprochement sont apparus dès novembre 2025, avec un message de félicitations du président nigérien à l’occasion de la Journée de la Révolution algérienne. Le 26 janvier, le ministre algérien des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, s’est rendu au Niger pour relancer les projets pétroliers communs…
A noter que les deux pays partagent près de 950 km de frontière et coopèrent sur des projets structurants, dont la route transsaharienne reliant l’Algérie à la Tunisie, au Niger, au Tchad, au Mali et au Nigeria, symbole d’une intégration régionale que les deux capitales entendent désormais remettre au cœur de leur agenda.
Pour rappel, le 7 avril 2025, le Niger, le Burkina Faso et le Mali — réunis au sein de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) — avaient rappelé leurs ambassadeurs d’Algérie pour consultations, à la suite d’accusations maliennes affirmant que l’armée algérienne avait abattu un drone. Alger avait rétorqué que ledit appareil avait violé son espace aérien dans l’extrême sud du pays et répondu par des mesures de réciprocité.