Les prix du gaz naturel en Europe ont atteint un nouveau sommet en sept mois, ravivant les inquiétudes sur le coût de l’énergie. Les intempéries, l’incertitude géopolitique et l’évolution des relations entre les États-Unis et l’UE créent un contexte explosif sur les marchés de l’énergie…
Le prix de référence européen du gaz naturel, le contrat à terme du mois prochain sur le hub néerlandais TTF, a bondi jeudi 22 janvier de 6,9 % en début de séance, atteignant 41,92 euros par mégawattheure. Ce qui constitue son plus haut niveau depuis le 23 juin 2025. Par la suite, le prix a légèrement baissé, mais est resté proche de 41 euros/MWh.
L’élément déclencheur a été la décision du président américain Donald Trump de renoncer, de manière inattendue, à imposer des droits de douane sur les produits de plusieurs pays de l’Union européenne. Cette décision a immédiatement réduit la prime de risque intégrée au marché. Car les menaces de droits de douane avaient suscité des craintes de restrictions potentielles sur les exportations américaines de GNL vers l’Europe et un impact négatif sur la demande industrielle.
Comme le soulignent les acteurs du marché, la levée des menaces tarifaires a donné un nouvel élan à un marché déjà en pleine croissance, en raison des conditions météorologiques et de la demande accrue.
« Combinaison parfaite »
Les analystes indiquent que les températures froides aux États-Unis et en Europe accentuent la pression à la hausse sur les prix. Aux États-Unis, le froid accroît la demande de gaz naturel et provoque le gel de certains gisements. Ce qui pourrait limiter les volumes acheminés vers les terminaux méthaniers pour l’exportation. En Europe, les prévisions annoncent des températures de 1 à 4 degrés Celsius inférieures aux normales saisonnières pour la semaine du 26 janvier. Ce qui alimente les inquiétudes concernant les stocks.
Pour leur part, les analystes bancaires préviennent que, malgré un début d’hiver doux, la persistance du froid pourrait accélérer l’épuisement des réserves de gaz. Déjà, le taux d’occupation des installations de stockage européennes est inférieur à 50 % et le risque est de clôturer la saison hivernale à des niveaux inférieurs à ceux de l’an dernier…
Le secteur de l’électricité en Europe du Sud-Est dans le rouge
Dans le même temps, l’évolution du marché du gaz naturel se répercute fortement sur le marché de l’électricité. En Europe du Sud-Est, les prix de gros de l’électricité ont retrouvé des niveaux élevés, sous l’effet du froid et de l’incertitude géopolitique.
En Grèce, le prix moyen sur le marché de gros a bondi de 30,28 % mercredi 21 janvier, atteignant 146,16 euros/MWh. Il a continué d’augmenter jeudi à 166,64 euros/MWh et aujourd’hui à 168,51 euros/MWh. Malgré cette hausse, le marché grec ne figure pas parmi les plus chers d’Europe. En effet, en Bulgarie et en Roumanie, les prix ont dépassé 282 euros/MWh. Tandis qu’en Hongrie ils ont atteint 249 euros/MWh et en Autriche 218 euros/MWh. À l’inverse, l’Allemagne et la France ont enregistré des prix nettement inférieurs.
Dans tous les cas, les analystes estiment que, tant que le froid persistera et que les entrepôts continueront de se vider, les pressions sur les prix de l’énergie resteront fortes dans la période à venir, remettant sur le devant de la scène la question de la sécurité énergétique et des coûts pour les ménages et les entreprises.