La Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect) a réuni un public record d’adhérents et de non-adhérents lors de sa journée d’information dédiée à la loi de finances 2026. Objectif : démêler les mesures fiscales sociales et les ambiguïtés persistantes, tout en alertant sur un investissement public trop modeste à 8% du budget de l’État, loin des standards régionaux.
Aslan Berjeb, président de la Conect, a déclaré en exclusivité à L’Économiste Maghrébin que le rôle essentiel de la Confédération est de toujours communiquer sur la loi de finances. Et de souligner : « Nous avons enregistré une présence record, entre adhérents et non-adhérents. Je tiens à les remercier pour cela. L’objectif est de clarifier la loi de finances, en particulier au niveau des mesures fiscales ».
Il est tout aussi important de revenir sur la partie comptable de la loi de finances 2026, même si elle semble ne pas relever directement des opérateurs économiques. Évoquant le taux d’investissement public, qui constitue 8% du budget de l’État, Aslan Berjeb a précisé : « En 2025, il s’élevait à 5,4 milliards de dinars ; en 2026, il passe à 6,3 milliards de dinars, soit une augmentation de 0,9 milliard. Cela représente très peu, seulement 8% du budget de l’État, comparé à d’autres pays qui sont loin devant, avec 15 à 20%. Je pense ici à l’Égypte, au Maroc et à l’Algérie. Ce qui signifie que si l’on veut lancer un message rassurant aux opérateurs économiques et considérer l’investisseur public comme la locomotive de l’investissement, je pense qu’on peut aspirer à plus. J’espère que les équilibres budgétaires le permettront lors des prochaines lois de finances ».
Pour revenir aux mesures fiscales, il souligne : « Il s’agit d’une loi de finances éminemment sociale. C’est aussi une loi où certains textes restent ambigus en termes d’applicabilité et d’application. J’en cite quelques-uns, de manière non exhaustive : la voiture familiale, le compte en devises et la facture électronique. Ce sont des textes qui nécessitent absolument des notes communes pour, d’une part, les comprendre et, d’autre part, les appliquer de manière très claire. Et d’ailleurs, pour la facture électronique, on attend incessamment un texte officiel ».
Et de conclure : » Je comprends parfaitement le dernier communiqué du ministère des Finances, qui tranquillise certes les opérateurs économiques, mais qui nécessite une clarification à travers un texte officiel, une source de droit ».