Alors que la compagnie nationale entame un timide redressement, le gouvernement dévoile des investissements structurants pour moderniser les infrastructures aéronautiques du pays, avec en ligne de mire un objectif de 90% de ponctualité.
La Tunisie prépare une transformation majeure de son paysage aérien. Au-delà de l’extension pharaonique de l’aéroport Tunis-Carthage, évaluée à 3 milliards de dinars, le ministre des Transports, Rachid Amri, confirme l’étude parallèle d’un nouvel aéroport à Bizerte. Une stratégie à deux vitesses pour capter la croissance du trafic régional.
Une cure de jouvence pour Carthage
Le projet d’extension de la plateforme existante est d’une ampleur inédite. Il s’agit ni plus ni moins que de faire passer sa capacité d’accueil de 5 à 18 millions de voyageurs annuels. Innovation notable : le ministre a annoncé la création d’une ligne de métro suspendu, un mode de transport moderne, qui reliera directement l’aéroport au centre-ville de Tunis, désenclavant le site.
Face à l’urgence et l’enjeu stratégique, le gouvernement a opté pour une procédure accélérée. Un contrat de gré à gré, formule « clé en main », est en préparation. L’Office de l’aviation civile a déjà planché sur les études de faisabilité, laissant présager un lancement rapide des travaux.
Tunisair : la lente remontée
En parallèle, le ministre a dressé un bilan en demi-teinte de la compagnie nationale, Tunisair. Si les plaintes des passagers – 3 000 recensées – illustrent une crise de confiance persistante, un timide mieux se dessine. Le taux de ponctualité des avions est passé de 42% au premier trimestre à 62% aujourd’hui. L’objectif affiché est ambitieux : atteindre 90% d’ici la fin de l’année.
La situation reste néanmoins fragile. Avec seulement 14 avions propres et 3 appareils loués en activité, la compagnie subit encore des pertes abyssales de 22 millions de dinars par mois. La solution ? L’acquisition prochaine de cinq avions supplémentaires en location-achat et la remise en état de deux autres. Le ministre Rached Laamari estime que l’équilibre financier sera atteint lorsque la flotte comptera 21 appareils opérationnels. Un plan de restructuration, attendu comme le messie, sera dévoilé fin d’année.
Un plan de sauvetage élargi
Cette stratégie de redressement ne se limite pas au ciel. Elle s’étend à l’ensemble des fleurons des transports publics. La Société nationale des chemins de fer (SNCFT), la Compagnie tunisienne de navigation (CTN) et la Société tunisienne d’acconage (STAM) sont également concernées par des programmes de restructuration en profondeur.