La Tunisie s’apprête à réaliser une performance remarquable sur la scène oléicole internationale. Avec une production estimée à 450 000 tonnes d’huile d’olive pour la campagne 2025-2026, le pays devrait occuper la deuxième place mondiale, derrière l’Espagne, confirmant ainsi son statut d’acteur majeur du marché international. Cette progression témoigne de la vitalité de la filière oléicole tunisienne, portée par un savoir-faire ancestral, des conditions naturelles favorables et une qualité reconnue sur de nombreux marchés étrangers. Véritable pilier de l’agriculture nationale, l’huile d’olive constitue également une source essentielle de recettes en devises pour l’économie du pays.
Les performances à l’exportation illustrent cette dynamique. Entre novembre 2025 et fin juillet 2026, les exportations tunisiennes d’huile d’olive ont atteint environ 368 000 tonnes, générant des recettes estimées à 4,61 milliards de dinars, en hausse de 44,4 % par rapport à la même période de l’année précédente.
L’Union européenne demeure l’un des principaux débouchés de l’huile d’olive tunisienne, aux côtés d’autres marchés internationaux. Toutefois, un défi majeur persiste : la prédominance des exportations en vrac, qui limite la valorisation du produit et réduit les possibilités de capter une plus grande part de la valeur ajoutée sur le marché mondial.
Dans ce contexte, cette deuxième place mondiale représente bien plus qu’une performance de production. Elle constitue une occasion stratégique pour la Tunisie de renforcer ses marques à l’international, de développer le conditionnement local et de promouvoir davantage son huile d’olive sous sa propre identité.
L’enjeu est désormais de transformer cette réussite quantitative en un levier durable de création de valeur, afin que le rayonnement de l’huile d’olive tunisienne se traduise par des retombées économiques accrues pour les producteurs, les exportateurs et l’ensemble de la filière nationale.