Une série de défis peinent à retrouver la place qu’ils méritent dans les politiques publiques (changement climatique, transition digitale…), alors que d’autres ne sont toujours pas dans le radar des décideurs (défi démographique). Un cocktail explosif pour toute économie dont la boussole est brouillée par le court-termisme et le rafistolage.
Un désastre climatique
La communauté scientifique est unanime à tirer la sonnette d’alarme : l’inaction coûte plus cher que la transition. L’heure n’est plus au constat ni aux repérages des canaux de transmission des risques climatiques. Mais plutôt au verdissement des politiques publiques. Tant que les autorités budgétaires et monétaires ne sont pas encore disposées à verdir leurs toolboxes, la résilience aux risques climatiques ne sera jamais au rendez-vous.
Un désastre numérique
Certes, des avancées ont été enregistrées sur le terrain de la digitalisation, mais elles sont très loin d’être à la hauteur des défis. La lenteur de la transition digitale creuse davantage la fracture numérique entre la Tunisie et ses partenaires arabes et africains, générant ainsi une baisse de la productivité et une perte de compétitivité vis-à-vis des concurrents. Le coût de l’inaction digitale est dévastateur : des finances publiques gangrenées par le manque de transparence, l’évasion fiscale, une domination du cash et un secteur informel florissant.
Un désastre démographique
Le vieillissement démographique est un phénomène d’ampleur planétaire. Mais dans le monde arabe, certaines économies, comme la Tunisie, se retrouvent plus exposées compte tenu de l’essoufflement de leur croissance démographique. Le taux de fécondité est le plus faible du Maghreb, avoisinant 1.53 enfant par femme, largement inférieur au seuil de renouvellement des générations, estimé à 2.1 enfants par femme. Un défi avec des répercussions complexes, largement éludées par les autorités, et qui ne peut que compliquer davantage l’équation des caisses de retraite, des systèmes de santé, et raviver le débat sur les flux migratoires en provenance de l’Afrique subsaharienne.
C’est seulement avec du courage et de la vision qu’il est possible de préparer l’avenir, d’anticiper les aspirations futures des acteurs économiques et de bâtir une économie plus résiliente et plus prospère.
En revanche, l’absence de vision et l’excès de bricolage réglementaire ne peuvent que scotcher l’économie tunisienne dans une trappe à faible croissance avec son cortège de stress budgétaire et ses implications néfastes sur la qualité des services publics. Renforçant ainsi sa forte exposition aux chocs climatiques et pandémiques.