« La lutte contre la pollution plastique constitue la priorité numéro un pour la Méditerranée », a souligné Pascal Lamy, président du Forum de la Mer, lors de la 9ᵉ édition de l’événement qui s’est tenu ( les 24 et 25 septembre 2026) à Bizerte. Interrogé en marge du forum par L’Économiste Maghrébin, il a insisté sur l’urgence d’une traduction concrète et rapide des engagements régionaux sur le terrain.
« La lutte contre la pollution plastique, c’est le sujet numéro un pour la Méditerranée. Ce n’est pas le seul : il y a des problèmes de ressources halieutiques, de bruit, de pollution par les hydrocarbures, d’invasion par des espèces nouvelles. Mais le problème numéro un, c’est la pollution plastique », a-t-il déclaré.
Un cadre d’action existant, mais des résultats insuffisants
Selon Pascal Lamy, le pourtour méditerranéen dispose déjà d’instruments de coopération, notamment la Convention de Barcelone et le Plan d’action pour la Méditerranée. » La question est de savoir si ce cadre d’action commun, mis en place depuis longtemps, produit des résultats concrets sur le terrain. La réponse est : pas assez, et pas assez vite, par rapport à l’immensité de cette pollution plastique« , a-t-il constaté.
Priorité à l’action locale et à la coopération entre les deux rives
Pour inverser la tendance, Pascal Lamy appelle à mobiliser le niveau local. « Il faut que tous ces instruments, au niveau global, au niveau de la Méditerranée, dans la coopération entre l’Union européenne, rive Nord, et les pays de la rive Sud, se traduisent par de l’action locale. Il faut faire davantage confiance aux acteurs locaux », a-t-il expliqué.
À ses yeux, lorsque les acteurs locaux reçoivent des responsabilités, un espace de coopération, un soutien financier et des outils , plateformes, systèmes de données, mécanismes de mobilisation. « Il n’y aura pas de solution à ce problème de pollution plastique si chacune et chacun d’entre nous ne prend pas sa part de la tâche », a-t-il ajouté.
Responsabilité citoyenne et rôle des collectivités
Interrogé sur la responsabilité commune, à commencer par le citoyen, et sur la nécessité de mécanismes et de campagnes de sensibilisation via les réseaux sociaux, la radio ou la télévision, Pascal Lamy a répondu : « Il faut aider les associations, les organisations de la société civile, les municipalités qui décident de mobiliser un certain nombre de leurs actions. Il faut aider ce niveau local à émerger et à exercer sa responsabilité. »
Fort de son expérience, notamment en tant que président de la mission Océan à Bruxelles, il observe qu’ »il est très compliqué de faire agir les États ensemble ; c’est moins compliqué de faire agir ensemble, au niveau local, des gens qui sont mobilisés sur une cause commune, quel que soit leur niveau de richesse, leur vie professionnelle ou personnelle. La coopération locale est plus prometteuse, et c’est là, je crois, qu’il faut donner la priorité. »
Recommandations issues du forum
En conclusion, Pascal Lamy a résumé les principales recommandations qui peuvent émerger de ces deux journées : » Que tout ce qui est conçu au niveau global, au niveau européen, au niveau du pourtour méditerranéen, trouve une traduction locale, pour que les gens exercent la responsabilité qui est la leur et sans laquelle on n’arrivera jamais à régler ce problème de pollution plastique. »