Les investissements engagés par le Maroc pour préparer l’organisation de la Coupe du monde 2030 devraient soutenir l’activité économique, mais pourraient également accroître certaines pressions sur les finances publiques, selon Fitch Ratings.
Le vaste programme d’infrastructures engagé par le Maroc en préparation de la Coupe du monde de football 2030 devrait contribuer à soutenir la croissance, mais il comporte également des risques pour les finances publiques, estime Fitch Ratings dans un nouveau rapport qui vient d’être publié.
L’agence de notation souligne que la majeure partie des investissements liés aux infrastructures est réalisée en dehors du budget central de l’État. Cette configuration limite leur impact budgétaire immédiat, mais peut rendre plus difficile l’évaluation de l’ensemble des engagements financiers associés aux projets. Le Fonds monétaire international (FMI) les estime à environ 190 milliards de dirhams, soit environ 17,39 milliards d’euros.
Dans sa dernière évaluation, Fitch a confirmé la note souveraine du Maroc à BB+, avec une perspective stable. L’agence prévoit toutefois que la dette du gouvernement central restera relativement élevée, autour de 67 % du PIB en 2028, contre une médiane de 51 % pour les pays notés BB.
Le déficit budgétaire devrait atteindre 4 % du PIB en 2026, contre 3,5 % en 2025, avant de revenir en moyenne à 3,4 % en 2027-2028, selon les projections de Fitch. L’agence prend notamment en compte les dépenses supplémentaires liées à la hausse des prix de l’énergie et aux mesures de soutien qui en découlent.
Les risques associés aux grands projets d’infrastructures ne se limitent cependant pas à leur coût direct. Fitch et le FMI soulignent également les risques liés au financement des entreprises publiques, aux partenariats public-privé et aux éventuelles obligations contingentes susceptibles, à terme, de peser sur les comptes publics.
Une contribution attendue à la croissance
Les investissements liés au Mondial 2030 constituent parallèlement un important moteur de l’activité économique marocaine. Le FMI estime que l’accélération des dépenses d’infrastructures devrait soutenir la demande intérieure, l’emploi et, à moyen terme, la capacité productive du pays. L’institution souligne néanmoins que l’efficacité de ces dépenses dépendra de la qualité de leur gestion et de leur capacité à générer des gains durables de productivité.
Un autre risque concerne la possibilité que l’accélération des investissements privés et publics provoque des tensions sur l’économie, notamment à travers une hausse de l’inflation, une détérioration du déficit courant ou une augmentation des pressions sur les finances publiques.
Des marges de sécurité encore disponibles
Fitch relève toutefois plusieurs facteurs qui limitent les risques financiers. Les réserves internationales du Maroc s’élevaient à environ 48 milliards de dollars fin 2025. Tandis que leur niveau moyen devrait représenter environ 5,1 mois de paiements extérieurs courants sur la période 2026-2028. Le pays bénéficie également d’une nouvelle ligne de crédit flexible du FMI d’environ 4,5 milliards de dollars, approuvée en avril 2026. Fitch prévoit par ailleurs une croissance réelle de 4 % en 2026, après 4,9 % en 2025, puis une moyenne de 4,2 % en 2027-2028.
Le défi pour les autorités consiste ainsi à maintenir le rythme des investissements nécessaires aux infrastructures du Mondial tout en maîtrisant leur coût global et leurs éventuelles conséquences sur la dette et le déficit publics.