L’économie tunisienne a enregistré une croissance de 2,5 % en 2025, contre 1,6 % en 2024, selon le Rapport annuel de la BCT publié le 7 juillet 2026. Le PIB réel dépasse ainsi pour la première fois son niveau d’avant la pandémie.
Ce résultat masque cependant de fortes disparités sectorielles : l’agriculture et l’industrie manufacturière ont porté la croissance, tandis que les activités financières et d’assurance ont chuté de 8,2 %, plombées par un crédit atone. L’agriculture a constitué le principal moteur de cette progression, avec une croissance de 10,3 % de sa valeur ajoutée, apportant à elle seule 0,9 point de pourcentage à la croissance globale. Cette performance repose sur une campagne 2024-2025 particulièrement favorable sur le plan climatique. La récolte céréalière a atteint 19,8 millions de quintaux, contre 11,5 millions un an plus tôt, dépassant la moyenne de la dernière décennie, proche de 15 millions de quintaux. La production d’huile d’olive a progressé de 54,5 %, à 340 mille tonnes, et celle des agrumes de 5,2 %, à 384 mille tonnes. La production de dattes a en revanche reculé de 10,8 %, à 348 mille tonnes.
Industrie et mines, une reprise à deux vitesses
L’industrie manufacturière a également renoué avec la croissance, à 3,2 %, après un repli de 0,5 % en 2024. Les industries mécaniques et électriques enregistrent la plus forte hausse, à 6,2 %, devant l’agroalimentaire, à 4,5 %, et la chimie, à 3,2 %. Le textile, l’habillement et le cuir demeurent en difficulté, avec une nouvelle baisse de 2,6 % de leur valeur ajoutée, attribuée à la faiblesse de la demande européenne. Du côté des industries non manufacturières, l’extraction minière a bondi de 24,2 %, portée par une production de phosphate brut en hausse de 40,7 %, à 3,8 millions de tonnes. La production d’hydrocarbures poursuit à l’inverse son déclin, avec un recul de 11 % pour le pétrole brut et de 8 % pour le gaz naturel, un rythme toutefois moins marqué qu’en 2024. Le secteur de la construction affiche pour sa part une croissance de 3,7 %, après trois années consécutives de contraction. La Banque centrale y voit un premier signal d’amélioration, sans évoquer encore un redressement confirmé.
Le tourisme porte les services
Les services marchands ont été portés par le tourisme. L’hébergement et la restauration ont progressé de 6,8 %, dans le sillage d’une hausse de 10,4 % des entrées de visiteurs non résidents, à 11,3 millions de personnes, et d’une progression de 7,2 % des nuitées touristiques, à 29,1 millions d’unités. Le commerce a crû de 2,1 % et les services d’information et de communication de 2,0 %. Le transport a en revanche nettement ralenti, à 0,7 % contre 2,7 % en 2024.
La finance, principal point noir de l’année
Le principal signal négatif de l’année provient des activités financières et d’assurance, dont la valeur ajoutée s’est contractée de 8,2 %, après une croissance de 2,6 % en 2024. La Banque centrale attribue ce recul à la faible progression du crédit, limitée à 3,3 %, ainsi qu’à l’application de nouvelles dispositions réglementaires issues de la loi n° 2024-41 du 2 août 2024, qui prévoit un abattement de 50 % des intérêts à taux fixes en faveur des emprunteurs.
Une accélération attendue en 2026
Pour 2026, le ministère de l’Économie et de la Planification prévoit une accélération de la croissance à 3,3 %, portée par l’industrie manufacturière tournée vers l’exportation, la progression attendue des mines et des hydrocarbures, ainsi que par la poursuite du dynamisme touristique. L’agriculture devrait également continuer de contribuer positivement, avec des perspectives jugées favorables pour la campagne 2025-2026, notamment pour l’huile d’olive et les céréales.