La huitième présidence irlandaise consécutive du Conseil de l’Union européenne a débuté dans un contexte de budget européen difficile et de nouvelle stratégie de défense européenne.
La visite traditionnelle du Collège des commissaires européens en Irlande, qui a eu lieu à Cork les 2 et 3 juillet, a marqué le début de la huitième présidence irlandaise du Conseil de l’Union européenne. Alors que l’UE est appelée à prendre des décisions cruciales concernant le financement de ses priorités, Dublin entend consolider sa réputation de médiateur impartial et promouvoir des solutions consensuelles.
Arrivé à Cork, le président de la Commission a par ailleurs décrit l’Irlande comme un pays qui « rassemble les peuples, trouve un terrain d’entente et promeut le consensus européen », rappelant que, lors de ses précédentes présidences, elle avait contribué de manière décisive à l’élargissement majeur de 2004 et à la réforme de la politique agricole commune en 2013.
Le défi budgétaire
L’enjeu politique de cette présidence de six mois résidera par ailleurs dans les négociations sur le nouveau budget européen pour la période 2028-2034. S’adressant à des correspondants depuis Bruxelles, le Premier ministre Micheal Martin a évoqué un processus « extrêmement difficile », les divergences entre les États membres restant importantes.
D’un côté, des pays cherchent à maintenir des ressources importantes pour la cohésion et la politique agricole commune ; de l’autre, d’autres prônent une plus grande priorité accordée à la compétitivité, à la défense et à la maîtrise des dépenses. La présidence irlandaise devrait présenter en octobre un nouveau cadre de négociation visant à concilier ces positions divergentes.
Défense européenne et SAFE
Le nouveau budget est directement lié au financement de la défense européenne. Malgré son statut de neutralité militaire de longue date, l’Irlande semble prête à participer à l’instrument financier SAFE de 150 milliards d’euros, si le programme est réactivé plus tard cette année.
La ministre des Affaires étrangères, du Commerce et de la Défense a souligné que « l’Irlande restera militairement neutre, mais nos dépenses de défense doivent augmenter ». Dublin cherche également à promouvoir son propre récit européen. « L’adhésion à l’UE a été la meilleure décision que nous ayons prise depuis notre indépendance », a déclaré Michal Martin, rappelant que lorsque l’Irlande a rejoint la CEE en 1973, elle figurait parmi les pays les plus pauvres d’Europe. Comme il l’a expliqué, la transformation économique du pays s’est appuyée sur des investissements dans l’éducation, les compétences et le capital humain, grâce aux ressources européennes.
Aujourd’hui, l’Irlande est passée du statut de bénéficiaire net de fonds européens à celui de contributeur net au budget de l’UE, sans pour autant se ranger du côté des pays dits « frugaux ».
Pour Martin, cette expérience plaide fortement en faveur d’un budget européen ambitieux, mais aussi en faveur de l’élargissement, car elle démontre – comme il l’a dit – le pouvoir transformateur de l’intégration européenne pour les pays qui choisissent d’investir dans leur avenir.