Selon une déclaration exclusive à L’Économiste maghrébin de Ammar Dhaya, président de l’Organisation de défense du consommateur (ODC), la question du revenu nécessaire pour vivre dignement en Tunisie reste complexe et ne peut être réduite à un seuil unique, tant les réalités des ménages sont différentes.
Interrogé sur les débats récurrents autour du niveau de revenu permettant d’assurer une vie décente, Ammar Dhaya appelle à la prudence dans l’interprétation des estimations avancées dans l’espace public.
Selon lui, les besoins d’un ménage varient fortement en fonction de plusieurs paramètres, notamment le coût du logement, les dépenses de santé, les frais de scolarité, les transports ou encore les cours particuliers.
Combien faut-il pour vivre dignement en Tunisie ?
Pour une famille composée de quatre personnes, un revenu mensuel d’environ 3 000 dinars, voire légèrement supérieur, pourrait permettre – selon lui – de couvrir les besoins essentiels et d’assurer un niveau de vie jugé correct.
« Pour une famille composée de quatre personnes, un revenu mensuel de l’ordre de 3 000 dinars, voire un peu plus, permettrait de couvrir les besoins essentiels et d’assurer un niveau de vie correct », estime-t-il.
Toutefois, le président de l’ODC insiste sur le caractère indicatif de ce montant, qui ne peut être généralisé à l’ensemble des foyers tunisiens. Les habitudes de consommation, la composition familiale ainsi que les charges spécifiques à chaque ménage influencent fortement le niveau de revenu nécessaire.
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Ammar Dhaya souligne également l’évolution des modes de vie, qui a entraîné l’apparition de nouvelles dépenses désormais considérées comme essentielles. « Aujourd’hui, des dépenses, autrefois considérées comme secondaires, sont devenues indispensables. L’accès à Internet, les smartphones ou encore l’achat d’eau embouteillée représentent désormais des postes budgétaires incontournables pour de nombreuses familles », explique-t-il.
Cette évolution contribue, selon lui, à alourdir le budget des ménages et à redéfinir la notion même de « vie décente ».
Anticiper pour mieux gérer son budget
Face à la pression du coût de la vie, le président de l’ODC insiste sur la nécessité d’une meilleure planification financière des ménages, notamment à l’approche de la saison estivale.
Il recommande aux consommateurs d’anticiper leurs dépenses et de préparer leurs vacances plusieurs mois à l’avance, afin de bénéficier de tarifs plus avantageux. Selon lui, les réservations effectuées hors saison peuvent permettre des réductions allant de 20 à 30 % par rapport aux prix pratiqués en haute saison.
« Aujourd’hui plus que jamais, l’organisation et la bonne gestion du budget familial sont devenues indispensables pour faire face à l’augmentation continue du coût de la vie », conclut-il.