Le Royaume-Uni s’apprête à connaître son sixième Premier ministre en sept ans. En effet, Keir Starmer a officiellement renoncé ce lundi 22 juin à la direction du Parti travailliste. Il a annoncé son retrait depuis le perron du 10 Downing Street. Auparavant, il avait informé le roi Charles III de sa décision dans la matinée.
Keir Starmer est arrivé au pouvoir en juillet 2024. À l’époque, le Labour avait remporté une victoire électorale écrasante. Pourtant, l’ancien avocat spécialisé en droits humains, âgé de 63 ans, a reconnu lundi ne plus être en mesure de porter les couleurs de son camp. Les prochaines élections générales sont attendues en 2029. « J’ai entendu la réponse de mon parti et je l’accepte de bon cœur », a-t-il déclaré, visiblement ému.
Il avait pris la tête du Labour le 4 avril 2020. Il est ensuite devenu Premier ministre le 5 juillet 2024, soit près de deux ans d’exercice du pouvoir. Finalement, il a pris acte d’une perte de confiance interne sans tenter d’en inverser le cours.
Une transition encadrée jusqu’à la rentrée parlementaire
Le départ effectif de Starmer dépend du processus de désignation de son successeur. Le Labour disposant de la majorité aux Communes, son futur dirigeant deviendra mécaniquement Premier ministre. « Le nouveau dirigeant sera en poste avant la reprise des travaux du Parlement en septembre », a-t-il précisé. Il a ajouté qu’il resterait « à son poste jusqu’à la fin du processus de sélection ». Par ailleurs, il s’est engagé à offrir à son successeur « un soutien entier et sans équivoque ».
Le nom d’Andy Burnham circule avec insistance. Il a été élu député le 19 juin dernier. Ce proche du parti, surnommé le « roi du Nord », avait déjà brigué la tête du Labour en 2010, puis en 2015. De plus, sa popularité au sein de l’électorat travailliste est confirmée par un sondage YouGov. Jusqu’ici, toutefois, l’absence de mandat parlementaire lui barrait la route. Or, cette condition est sine qua non pour accéder à la direction du parti et, par conséquent, à la fonction de Premier ministre.
Réactions internationales
Les réactions internationales ont été contrastées. D’un côté, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a salué sur X un bilan positif. Selon elle, « la sécurité européenne et ukrainienne est plus forte » grâce à Starmer. Elle a également estimé qu’« il faut souvent des années à de nombreux dirigeants pour devenir l’homme d’État » qu’il est devenu « en seulement deux ans ». De l’autre côté, Donald Trump avait anticipé dès dimanche la démission du Premier ministre. Certes, il lui a souhaité « le meilleur ». Néanmoins, il avait auparavant jugé qu’il avait « échoué lamentablement ».